Libération de Michelle Martin : MR et PS se renvoient la balle

28/08/12 à 11:09 - Mise à jour à 11:09

Source: Le Vif

À quelques heures de la décision de la Cour de cassation sur la libération conditionnelle de Michelle Martin, le président du MR, Charles Michel, a implicitement rejeté sur le PS la responsabilité politique de cette remise en liberté controversée. Le parti socialiste se défend et accuse les libéraux de malhonnêteté intellectuelle.

Libération de Michelle Martin : MR et PS se renvoient la balle

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Invité politique de la matinale de Bel-RTL mardi matin, M. Michel a indiqué que son parti avait réclamé il y a de nombreuses années déjà la mise en place de peines incompressibles, ce qui "aurait permis d'éviter que Michelle Martin, condamnée à 30 ans de prison, n'en fasse en fait que 16 ans", a-t-il fait valoir.

Mais, "depuis de très nombreuses années, c'est le parti de M. Giet, la vice-Première Laurette Onkelinx notamment, ostensiblement, publiquement!, qui a combattu la mise en place des peines incompressibles", a fustigé le chef de file des réformateurs.

Si le principe a finalement été intégré en décembre dernier dans l'accord de gouvernement papillon, c'est grâce au MR "qui a bataillé pour cela". "Nous avons obtenu gain de cause", a ajouté M. Michel, qui s'est dit "écoeuré" par la probable libération de l'ex-femme de Marc Dutroux.

À ses yeux, il s'agit là d'un "message donné par le système (judiciaire) (...) qui est choquant" pour la société, a-t-il conclu.

Le PS accuse le MR de populisme et de malhonnêteté intellectuelle

Le PS a rejeté avec force les propos du président de Charles Michel. Dénonçant l'attitude "plus que populiste" du président des réformateurs, le PS rappelle, sur base du principe de non-rétroactivité du droit pénal, qu'il aurait fallu que la réforme sur les peines de prison soit en place avant 1996 pour qu'elle puisse s'appliquer à l'ex-femme et complice de Marc Dutroux.

"Faire croire qu'une loi adoptée en 1999 lorsque Laurette Onkelinx était vice-Premier ministre aurait pu empêcher la libération de Michelle Martin est donc vraiment malhonnête intellectuellement", dit-on au Boulevard de l'Empereur, pour qui la sortie de Charles Michel relève du "message scandaleux".

Onkelinx : "les déclarations de Michel donnent la nausée"

"Les dernières déclarations de Charles Michel, président du MR, sur les peines incompressibles donnent la nausée", a déclaré mardi dans un communiqué la vice-première ministre PS, Laurette Onkelinx, dans un communiqué.

Mme Onkelinx a fait remarquer qu'elle s'est toujours refusée à commenter les décisions de justice. Elle a pris l'initiative de la loi créant le tribunal d'application des peines, évitant que des décisions sur l'exécution des peines soient prises par des responsables politiques et permettant aux victimes d'être entendues, a-t-elle rappelé.

Toujours à son initiative, une loi a également été votée, qui rend beaucoup plus strictes les possibilités de libération des récidivistes.

La vice-première estime par ailleurs qu'il ne peut être question de tomber dans le sensationnalisme et légiférer sous le coup de l'émotion provoquée par une situation individuelle.

"Il est détestable de tenir, comme le fait le MR, des discours différents au sein du gouvernement et du Parlement, d'une part, et devant l'opinion d'autre part. Les responsables politiques doivent, en période électorale comme à tout autre moment, conserver un minimum de dignité et ne pas verser dans la basse démagogie. Laurette Onkelinx déplore qu'aujourd'hui, ce parti préfère exciter la vindicte populaire plutôt que de travailler dans la sérénité sur des questions essentielles pour la sécurité de chacun", a-t-elle ajouté.

Le Vif.be, avec Belga

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