"Les traductions bon marché menacent la Justice"

23/12/15 à 11:30 - Mise à jour à 11:30

Source: Belga

(Belga) La piètre qualité des traductions pose de plus en plus de problèmes dans les importants dossiers criminels traités par la justice, a indiqué mercredi l'Union Professionnelle des Traducteurs et Interprètes Assermentés (UPTIA). Mardi, le début du procès Wesphael devant la cour d'assises du Hainaut a été reporté de février à septembre à la suite d'un "problème administratif", à savoir certaines pièces du dossier qui n'avaient pas été traduites.

"Les traductions bon marché menacent la Justice"

"Les traductions bon marché menacent la Justice" © BELGA

Les traductions bon marché et les arrangements pour ne plus rembourser les interprètes pour le temps d'attente aux audiences menacent la justice sur le long terme: chaque report d'une affaire judiciaire signifie une perte de temps et de moyens pour la justice et la société, expliquent les traducteurs. Ils mentionnent que les traducteurs peuvent facturer leur travail 8,14 euros brut par page de 30 lignes, soit 0,27 euro la ligne. Sur une journée de huit heures, un traducteur professionnel peut livrer de six à huit pages de traduction de qualité. "Il va de soi qu'on rentre à peine dans nos frais avec 8,14 euros par page." En France, le tarif atteint 25 euros par page de 250 mots tandis qu'en Allemagne, le prix minimum est de 1,55 euro la ligne. Malgré de nombreuses réunions avec les représentants du secteur, le cabinet de Koen Geens et l'administration du SPF Justice semblent ne pas suffisamment réaliser qu'il y a un prix à la nécessaire professionnalisation de cette branche du secteur juridique. L'UPTIA demande que le gouvernement double ou triple l'enveloppe budgétaire des traducteurs et interprètes sur base annuelle jusqu'à 40 ou 60 millions d'euros. (Belga)

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