Les tentatives de suicide seraient plus fréquentes parmi les Wallons

06/09/15 à 14:34 - Mise à jour à 14:58

Source: Belga

Les Wallons sont plus enclins aux tentatives de suicide que les Flamands ou les Bruxellois, selon une étude menée sur base des données des membres de la mutualité Solidaris.

Celle-ci a analysé les admissions à l'hôpital pour tentative de suicide, de ses membres uniquement, pour les années 2011, 2012 et 2013, dans le but de définir le profil démographique et socio-économique des personnes les plus à risque de tenter de mettre fin à leurs jours (sans que le suicide ne soit abouti). Les suicides sont en effet recensés au niveau national, mais il n'existe pas de statistiques officielles sur les tentatives non-abouties.

Durant les années 2011, 2012, 2013, 4.174 affiliés ont fait une ou plusieurs tentative(s) de suicide, soit 0,13% des membres de la mutuelle, note-t-elle. En ne prenant parmi ces personnes que celles qui étaient affiliées en juillet 2012 (4.063), il apparait que la moyenne d'âge est de 40 ans, la plus jeune étant âgée de 9 ans et la plus âgée de 96 ans.

Une majorité d'entre elles (64%) sont des femmes, chez qui on observe deux périodes critiques: les tranches d'âge de 15-24 ans et 40-49 ans.

Chez les hommes, le pic de la fin de l'adolescence et du début de l'âge adulte n'est pas observé, seulement celui des 40-49 ans.

Sur le territoire

"La problématique (...) est plus prononcée en Wallonie où on enregistre proportionnellement plus de tentatives de suicide (...) qu'en Flandre et à Bruxelles et ce quel que soit la tranche d'âge", observe également la mutuelle dans cette étude "Solidaris-Sudpresse". "Ainsi, 178 Wallons sur 100.000 ont tenté de mettre fin à leurs jours entre 2011 et 2013. Ils sont 107 sur 100.000 Flamands et 48 sur 100.000 Bruxellois".

Si le suicide touche toutes les classes sociales, les tentatives non-abouties sont plus nombreuses parmi les personnes "en situation de précarité sociale ou de chômage", indique Solidaris. Le pourcentage de tentatives de suicide est d'ailleurs plus de deux fois plus élevé parmi les affiliés bénéficiant de l'intervention majorée (220/100.000 contre 100/100.000 pour les "bénéficiaires ordinaires"). Le fait d'être en incapacité de travail depuis plus d'un an constitue également un facteur de risque majeur: "les tentatives de suicide sont six fois plus élevées", indique l'étude. Le risque est également accru pour les chômeurs, et pour les bénéficiaires d'un revenu d'intégration sociale octroyé par le CPAS (430/100.000).

Il apparaît, dans la balance qui peut être faite entre les différents facteurs de risque, que la consommation d'anti-dépresseurs pèse particulièrement lourdement chez les moins de 18 ans. Dans cette catégorie d'âge, une personne "ayant consommé des antidépresseurs a 12 fois plus de probabilité de tenter de se suicider par rapport à une autre qui n'en prend pas".

Quant au parcours de soin de ces personnes admises à l'hôpital, pas moins de 15% d'entre elles n'ont eu, pendant les trois mois précédant et suivant la tentative de suicide, aucun contact avec un médecin généraliste, ni un psychiatre. Si l'on ne tient compte que des trois mois qui suivent l'admission à l'hôpital, "le fait que 27% des affiliés n'ont pas eu de contacts (...) indique que le suivi de ces patients pourrait être amélioré", note la mutuelle.

Les hommes, les personnes isolées et les 30-40 ans sont proportionnellement davantage représentés parmi ces patients n'ayant aucun suivi par un psychiatre ou un médecin généraliste dans les trois mois suivant l'admission

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