Les syndicats fustigent un gouvernement "antisocial" et un patronat "arrogant"

07/10/15 à 16:43 - Mise à jour à 18:43

Source: Belga

Le front commun syndical (FGTB, CSC et CGSLB) s'est exprimé mercredi en fin de manifestation nationale, aux abords de la Gare du Midi, fustigeant un gouvernement "antisocial" et un patronat "arrogant".

Les syndicats fustigent un gouvernement "antisocial" et un patronat "arrogant"

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Le message des syndicats n'a que très peu changé par rapport à l'année dernière: ils exigent un tax shift qui fasse également payer les riches, de mettre un terme à l'austérité et de protéger la sécurité sociale.

"Certaines grandes entreprises ne paient pas d'impôts, c'est un scandale. Ce gouvernement Michel n'a pas créé d'emplois; zéro, zéro, zéro", s'est indigné Rudy De Leeuw, président de la FGTB, ajoutant que les dirigeants menaient une "politique sociale indigne". "Nous ne pouvons pas nous laisser submerger par la peur. Ce ne sont pas les réfugiés le plus grand danger pour notre sécurité sociale, mais bien le gouvernement Michel. Une société solidaire, c'est le modèle de société que nous réclamons aujourd'hui et pour demain", a scandé M. De Leeuw.

Le représentant FGTB a également présenté une alternative: investir dans les secteurs publics et l'associatif, maintenir l'indexation automatique et introduire enfin une taxe sur le capital. "Protéger les riches est la priorité de ce gouvernement", estime Rudy De Leeuw qui regrette que "les entreprises reçoivent plus de subsides qu'elles ne payent d'impôts sur les sociétés".

Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, a souligné pour sa part le côté "asocial" du gouvernement, dont l'"accord déséquilibré menace gravement la cohésion sociale". "En un an, la facture des mesures prises par le gouvernement n'a cessé de gonfler. Toutes ces mesures ont été prises en dépit des manifestations et des actions syndicales menées en octobre, novembre et décembre 2014", a-t-elle ajouté, parlant en outre d'un gouvernement "arrogant" et d'un patronat "triomphateur".

"L'action d'aujourd'hui n'est pas une fin mais un début"

"Au sein même du gouvernement, on sait que ces 'mesurettes' ne fonctionnent pas et ne permettront pas de relancer la machine. Soyez donc honnêtes avec vous-mêmes et changez de cap. Le gouvernement doit reconnaître que ce qui est sur la table est imbuvable pour nous et que ce n'est pas, contrairement à ce que l'on nous répète, juste un mauvais moment à passer. Ce qui est en train de se passer est contraire à l'évolution et l'émancipation mais aussi contraire à l'efficacité. Il est donc inacceptable de se partager les miettes d'un menu déséquilibré qui dispose d'un bras long pour venir chercher les recettes des travailleurs et d'un bras bien plus court qui ne sert que les entrepreneurs", développe Marie-Hélène Ska. Elle a par ailleurs confirmé qu'un recours devant la Cour constitutionnelle serait déposé dans les semaines à venir pour contester la mesure actant le saut d'index.

"La presse qui disait que nous n'étions plus capables de mobiliser s'est largement trompée. L'action d'aujourd'hui n'est pas une fin mais un début", a lancé Marc Goblet à l'assemblée l'acclamant. Il a annoncé une première grève générale de 24 heures à Liège le 19 octobre, ainsi que d'autres en octobre, novembre et décembre dans l'ensemble des provinces. Il a pointé du doigt la "logique financière de certains entrepreneurs dont la seule volonté est de faire du profit" et appelé la majorité fédérale à davantage de dynamisme pour lutter contre la fraude fiscale, à l'instar de celui déployé contre la fraude sociale. Le secrétaire général de la FGTB a encore qualifié les membres du gouvernement Michel d'"illusionnistes, qui nous prennent vraiment pour des pigeons".

Marc Goblet a par ailleurs réagi à la communication faite plus tôt dans la journée par la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), déclarant que les indicateurs repassaient progressivement au vert et qu'il fallait poursuivre sur la voie des réformes: "vivent-ils dans le même pays que nous? Ce n'est que de l'esbroufe; ils nous vendent du rêve", s'est énervé l'homme fort de la FGTB, soulignant l'arrogance et l'irrespect du patronat actuel. "Nous allons ouvrir une négociation au niveau du Groupe des dix", a-t-il confirmé.

"Nous n'existons pas pour le gouvernement; nous sommes des sans-papiers. Le gouvernement n'est intéressé que par un papier: la déclaration d'impôts", a encore commenté Marc Leemans, président de la CSC, selon qui le gouvernement Michel a offert 6,5 milliards d'euros aux employeurs. "Mais ce sont les employés, les malades et les pensionnés qui payent cela", a-t-il déploré.

Quelque 80.000 personnes, selon la police, ont manifesté mercredi dans les rues de Bruxelles, depuis la gare du Nord jusqu'à la gare du Midi, en contournant le piétonnier par le boulevard de l'Empereur. Le front commun syndical, organisateur de la manifestation, a annoncé pour sa part le chiffre de 100.000 manifestants. FGTB, CSC et CGSLB, avaient choisi comme slogan pour la manifestation nationale "Rien que des miettes pour nous". Les organisations entendaient de cette manière "fêter" le premier anniversaire du gouvernement Michel, le 11 octobre prochain.

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