Les syndicats disent "non" à l'austérité et annoncent une manifestation nationale

15/11/11 à 15:04 - Mise à jour à 15:04

Source: Le Vif

Plusieurs milliers de militants syndicaux -plus de 6.000, selon les syndicats- ont rallié le Heysel mardi matin pour un meeting organisé par le front commun syndical CSC, FGTB et CGSLB.

Les syndicats disent "non" à l'austérité et annoncent une manifestation nationale

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Les responsables syndicaux y ont rappelé aux négociateurs pour la formation d'un nouveau gouvernement ainsi qu'au patronat leur ferme opposition à l'austérité et annoncé la tenue d'une manifestation nationale, le 2 décembre prochain, à Bruxelles. L'organisation d'une grève générale n'est pas exclue.

"Nous disons aux négociateurs politiques que d'autres choix sont possibles que l'austérité, nous avons des alternatives", a déclaré Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB, devant un palais 12 du Heysel bondé de militants arborant les couleurs des trois syndicats.

La responsable du syndicat socialiste a formulé trois propositions à l'adresse des négociateurs pour permettre de trouver les 11,3 milliards d'euros nécessaires pour boucler le budget 2012: supprimer les intérêts notionnels, taxer davantage les revenus financiers et lutter contre la fraude fiscale. Ainsi, "vous avez vos 11 milliards mais ne touchez pas aux travailleurs et aux allocataires sociaux".

Anne Demelenne s'est aussi montrée critique à l'égard des employeurs. "Au lieu de s'attaquer à nos salaires, pourquoi les entreprises belges ne s'attaquent-elles pas à leur retard par rapport à l'Allemagne, la France, les Pays-Bas au niveau des investissements, de la recherche, de l'innovation, de la formation des travailleurs? Leurs exportations ne dépassent pas un rayon de 1.500 km autour de la Grand-Place de Bruxelles...", a-t-elle raillé.

"Si nous ne sommes pas entendus, nous continuerons et le mois de décembre sera chaud, sans exclure une grève générale", a conclu la responsable syndicale.

Dans son discours, le secrétaire national -et futur président- de la CSC, Marc Leemans, a plaidé pour un "assainissement juste", passant notamment par une taxe sur les transactions financières, et une "fiscalité juste" taxant davantage les grosses fortunes. Il a également appelé au maintien de l'indexation automatique des salaires et de la sécurité sociale. "Nous n'accepterons pas que notre sécurité sociale soit vidée de sa substance", a-t-il averti, ajoutant que le meeting de ce mardi n'est "qu'un début".

De son côté, le président de la FGTB, Rudy De Leeuw a estimé que "le monde financier n'a rien retenu de la première crise". Selon lui, "un casino est mieux régulé que les banques". Le président du parti socialiste n'a pas exclu non plus l'organisation d'une grève générale.

Dans son discours, le secrétaire national de la CSC, Claude Rolin, a invoqué l'exemple de la Grèce pour souligner que "l'austérité n'est pas la solution" mais "le meilleur moyen pour aggraver la situation". Le responsable du syndicat chrétien a également dénoncé la situation de l'Allemagne, où "entre 2005 et 2010, 2,688 millions de personnes sont tombées dans la pauvreté". "Est-ce cela la voie que l'Europe doit prendre? Le chemin que la Belgique doit emprunter", a-t-il questionné.

Dernier à prendre la parole, le président de la CGSLB, Jan Vercamst, a déploré la situation difficile vécue par les jeunes qui "éprouvent plus de difficultés à se construire un avenir". "Aujourd'hui mes pensées vont particulièrement aux jeunes, à ceux qui sont privés d'emploi et aux autres qui passent de contrat d'intérim en contrat d'intérim, de contrat précaire en contrat précaire. Tous ces jeunes-là ne font pas de projets sur l'avenir. Ils n'osent pas faire de projets d'avenir. C'est triste", a-t-il regretté.

Le Vif.be, avec Belga

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