Les syndicats belges envoient un avertissement clair aux négociateurs

23/09/14 à 14:18 - Mise à jour à 14:18

Source: Belga

Le message des syndicats belges, réunis en front commun, mardi matin, place de la Monnaie à Bruxelles, est clair: "non à un gouvernement de droite". Les différents représentants syndicaux ont tous rappelé leur opposition à un saut d'index et la nécessité de maintenir le pouvoir d'achat des Belges.

Les syndicats belges envoient un avertissement clair aux négociateurs

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Après un concert, les représentants syndicaux se sont adressés, au son des pétards mais dans une ambiance conviviale, aux quelque 7.000 militants ayant fait le déplacement. "La résistance contre un gouvernement de droite débute ici, place de la Monnaie", a scandé Rudy De Leeuw, président de la FGTB. Les mesures de cette coalition "antisociale et kamikaze" sont "une catastrophe et feront que les riches seront plus riches, les pauvres plus pauvres et que la classe moyenne rejoindra le rang des pauvres. C'est inacceptable". Il a également rappelé l'opposition de la FGTB à un saut d'index, "qui coûtera 20.000 euros à chaque travailleur au cours de sa carrière".

"Nous avons vu ce que donnait, en Flandre, un gouvernement de droite, avec notamment l'augmentation du coût de l'université", a-t-il ajouté, avant de conclure que le futur gouvernement serait "le gouvernement le plus réactionnaire depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale". "Osez investir dans la jeunesse, osez l'emploi de qualité (...) Il faut réinvestir dans l'économie réelle", a déclaré Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC. "Nous sommes à la veille d'une régression sociale sans précédent", a-t-elle ajouté, avant de souligner la nécessité "d'installer un impôt sur la fortune". Un message qu'a également fait passer Olivier Martin, secrétaire national de la CGSLB, mentionnant que "les épaules les plus solides doivent porter les charges les plus lourdes". "Nous voulons de la solidarité, pour protéger les personnes les plus fragiles, mais aussi de l'espoir, pour tous ceux qui cherchent un emploi."

Le rassemblement de mardi était, selon Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB, "une mise en garde claire envers les négociateurs". Ceux-ci veulent installer "un enfer social", compromettant "la paix sociale dans le pays". Elle en a profité pour remercier les militants à l'occasion de son dernier discours lors d'une action syndicale, Marc Goblet lui succédant prochainement. La secrétaire générale a encore rappelé que "partout où l'austérité est passée, la crise s'est installée encore plus".

"Les négociateurs parlent d'un cadeau fiscal en baissant les impôts de 800 euros, mais ce qu'ils donnent d'un côté, ils le reprennent de l'autre avec le saut d'index et l'augmentation de la TVA et accises. Ce qu'il faut, c'est rétablir une progressivité dans la taxation: plus vous gagnez, plus vous contribuez."

De plus, la coalition suédoise "veut s'attaquer aux soins de santé, en faisant 10% d'économie, alors qu'il s'agit de la première préoccupation des Belges. On va lutter. Ensemble, on est plus forts", a-t-elle lancé. "On se donne rendez-vous très bientôt", a pour sa part conclu Marc Leemans, président de la CSC, lors de son allocution, signe d'un automne qui s'annonce mouvementé.

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