David Pestieau
David Pestieau
Vice-président du PTB
Opinion

04/09/15 à 10:58 - Mise à jour à 11:42

Les réfugiés syriens, irakiens ou afghans sont le miroir à retardement de nos guerres

Combien de temps nos responsables politiques vont-ils continuer à fermer les yeux sur leur responsabilité ? Les interventions étrangères dans cette région n'ont créé que chaos et désolation au point de créer une des pires crises humanitaires depuis longtemps. La moindre des choses est d'organiser une solidarité pour accueillir ces réfugiés, estime David Pestieau, vice-président du PTB.

Les réfugiés syriens, irakiens ou afghans sont le miroir à retardement de nos guerres

© Reuters

Il s'appelait Aylan Kurdi, originaire de Kobane en Syrie. Il avait 3 ans et n'a rien connu d'autre que la guerre... Il a été retrouvé mort sur une plage de Bodrum en Turquie. Mort pour avoir cherché un avenir meilleur. En quelques heures, Aylan est devenu le symbole de ces centaines de milliers de réfugiés. Combien de temps nos responsables politiques vont-ils continuer à fermer les yeux sur leur responsabilité ? Les interventions étrangères dans cette région n'ont créé que chaos et désolation au point de créer une des pires crises humanitaires depuis longtemps. La moindre des choses est d'organiser une solidarité pour accueillir ces réfugiés, estime David Pestieau, vice-président du PTB.

"Limiter l'asile est nécessaire", affirme le ministre Reynders. "Fermer l'arrière-porte de l'Europe", renchérit De Wever, le président de la N-VA qui défend un statut "spécial" pour les réfugiés. "Interdir l'accès aux allocations familiales", ajoute la présidente de l'Open VLD Gwendolyn Rutten. Mais nos responsables politiques ne devraient-ils pas examiner leurs propres responsabilités dans la crise actuelle ? Mener ce débat amènerait d'autres solutions.

Pourquoi diable les réfugiés syriens, irakiens ou afghans viennent-ils frapper à notre porte ? Et qui en est responsable ? Pour l'Union européenne, les coupables sont les passeurs maffieux qui trompent les candidats à l'exil en les dépouillant. D'autres, comme Bart De Wever, comparent l'afflux actuel à une "catastrophe actuelle" qu'il faudrait contenir.

Or, la réalité est tout autre. Il ne faut pas faire des milliers de kilomètres pour la voir. Elle est là, tout près de nous. Ce sont ces milliers d'hommes, de femmes et d'enfants qui ont franchi montagnes, mers, murs, matraques et qui font la file devant l'Office des étrangers ici à Bruxelles. Eux qui ont eu "la chance" d'échapper au sort du petit Aylan.

La semaine dernière, je suis allé à leur rencontre. Simplement pour comprendre.

Prenez par exemple Marwan et son fils Rayan, qui viennent d'arriver de Syrie à la mi-août. Le père est pharmacien, le fils étudiant à l'Université, en sociologie. Coincés entre les milices de Daech et celles des milices rivales d'Al Nusra, ils se sont enfuis, car, issus de la minorité druze, leur vie était gravement menacée. Ils ont traversé la Turquie dans un camion à... 39, puis à pied, pour se retrouver dans un bateau prévu pour 12 personnes à 50. Arrivés en Grèce, via l'île de Kos, ils sont remontés en Macédoine où ils ont passé 24 heures en prison, pour arriver en train en Serbie. Puis en bus en Hongrie, puis encore en camion vers l'Allemagne et finalement, Bruxelles. Leurs traits sont tirés. Ils doivent maintenant attendre le 9 octobre pour leur interview. En attendant, ils apprennent le français avec des CD et viennent aider les nouveaux arrivants pour donner les déjeuners dans la file.

Ne ferions-nous la même chose, si nous étions dans la même situation ? Nous partirions probablement. Ou peut-être pas. Mais nous aurions le droit de fuir. Car nous serions en danger. Comme Marwan et Rayan, nous traverserions l'enfer pour arriver dans un lieu sûr.

Comme l'ont fait nos grands-parents en 1914 et en 1940. Comme des centaines de milliers d'autres, mon grand-père, habitant le sud du Hainaut, avec ses 6 frères et soeurs et ses parents, ont été des réfugiés de 1914 à 1918 dans le département français du Val d'Oise. Il a vécu là dans des conditions très précaires, mais il a survécu. Et il a toujours inculqué à sa famille le respect et l'aide aux réfugiés, se rappelant le bel accueil que lui avait réservé la population française de la petite ville de Luzarches. Une population qui avait pourtant très peu de moyens à cause de la guerre atroce. Pourquoi cette attitude humanitaire élémentaire n'inspire-t-elle pas aujourd'hui nos gouvernants dans leur action ? Pourquoi Gwendolyn Rutten, présidente de l'Open VLD, ose-t-elle dire que la différence avec cette époque est que maintenant, "nous ne savons pas combien temps ça va durer" (1) ? Nos grands-parents le savaient-ils, eux, que la guerre se finirait en 1918 ?

Marwan et Rayan sont comme tous les réfugiés dans le monde : ils fuient la guerre, la famine, ils cherchent la plupart du temps pour une période la plus courte possible, une vie sans bombes, sans maisons détruites, sans champs brûlés, une école pour leurs enfants.

Or si nous ne menons pas le débat sur l'asile en nous posant la question si nous n'avons pas aussi une responsabilité dans la situation, nous ne serons pas en mesure de procéder à un débat raisonnable et ne pourrons pas apporter les bonnes solutions.

Mais nos gouvernants ne veulent pas ouvrir cette discussion sur ce qui provoque cet exode depuis la Syrie, l'Irak, la Libye, l'Afghanistan. Car cette discussion ne permettrait qu'une seule conclusion. Ce sont les guerres d'intervention que nous menons dans ces pays qui sont une des bases majeures de cet exode.

Les réfugiés syriens, irakiens ou afghans sont le miroir à retardement de nos guerres

Nous pourrions bien sûr parler de la guerre de l'OTAN en Afghanistan depuis 2001 qui n'a absolument pas amené de quelconque stabilité dans le pays. Ni celle de la coalition américaine qui a démembré l'Irak qui, douze ans après, a amené plus d'un million de morts, la destruction quasi totale de ce qui était un État moderne, la guerre civile entre factions religieuses et last but not least, l'émergence de Daech, l'organisation de l'"l'État islamique".

Mais revenons sur deux interventions plus récentes. Prenons d'abord la Libye. Nous sommes le 17 mars 2011, en commission de la Chambre, nos parlementaires discutent de la participation de la Belgique à une guerre contre la Libye. La lecture des notules de cette séance, quatre ans plus tard, est édifiante. Chaque député semble pris du démon de la surenchère guerrière. Les quelques réserves émises sur la situation chaotique qui pourrait advenir dans une Libye post-Khadafi sont balayées d'un revers de la main. À ce moment-là, il existe encore une dernière chance pour un cessez-le-feu et une solution négociée. "I don't buy it" (je n'achète pas), s'exclame, indignée, la va-t-en-guerre Gwendolyn Rutten. "Moi non plus", renchérit Théo Francken qui appelle au renversement du régime. Le fait que des armes livrées - venues de Belgique - puissent tomber dans des mains de salafistes extrémistes ? Hors débat. Que le démantèlement de la Libye puisse mener à déstabiliser une bonne partie de l'Afrique subsaharienne du Mali au Soudan, comme l'annonçaient beaucoup d'experts ? Nos responsables sont tout simplement sourds.

Comme ils ont été muets quand le très sérieux The Guardian notait dès octobre 2011 que, si avant l'intervention occidentale en Libye, on comptait 1.000 à 2.000 victimes, après l'intervention, ce nombre était monté entre 10.000 et 50.000.

Aujourd'hui, la Libye est une des routes favorites des "passeurs mafieux" qu'ils dénoncent, la déstabilisation du continent africain à amener des centaines de milliers de réfugiés sur les routes tandis que le pays est devenu la plaque tournante des groupes salafistes extrémistes qui essaiment dans la région jusqu'en Syrie.

Prenons justement la Syrie. Il y a trois ans, le mentor de Gwendolyn Rutten et chef de groupe des libéraux européens, Guy Verhofstadt, déclarait : "Selon moi, une des choses qui doit être faite, c'est aider matériellement et techniquement toutes les organisations en Syrie qui luttent contre le régime", évoquant "les moyens de communication et, peut-être, les armes." (2) Oui, un responsable belge a appelé publiquement à armer TOUTES les organisations qui luttent contre le régime.

Ce que faisait effectivement la CIA au même moment au sud de la Turquie, en aidant à la livraison d'armes à l'opposition syrienne, armes payées par "nos" alliés la Turquie, le Qatar et l'Arabie saoudite. Et le New York Times révélait déjà à l'époque que la majorité des armes envoyées en Syrie passait dans les mains des djihadistes, ce qui a mené à une aggravation de l'horrible guerre en cours.

Ce qui fait dire à Aram Karabet, opposant de longue date de Bachar El Assad : "L'islamisation est essentiellement le fait d'interventions étrangères. Il est clair que c'était aussi dans l'intérêt des puissances occidentales. Parce que c'était le moyen de pousser la Syrie vers les extrêmes et de laisser les Syriens se massacrer entre eux, le but étant la destruction des infrastructures du pays, la destruction de l'armée syrienne. Ce à quoi on assiste est la rencontre d'intérêts à la fois de forces régionales et internationales qui, toutes - qu'elles se prétendent être du côté du régime ou au contraire être les amis du peuple syrien -, amènent les Syriens vers cette situation terrible dans laquelle ils se trouvent aujourd'hui. "

Autrement dit, les réfugiés comme Marwan et Rayan ne sont pas les produits d'une "catastrophe naturelle", ou de guerres, mais de NOS guerres.

Que pensent, en fait, ceux qui décident de ces guerres, qui les approuvent au Parlement ? Comment se sentent-ils ? Ceux qui donnent les ordres, ceux qui les approuvent comme Rutten, Francken et co ne peuvent même plus imaginer ce qu'ils ont effectivement commandé de faire. Et ils ont encore moins une idée de ce que cela signifie vraiment. Sauf que des "dommages collatéraux" de ces guerres que nous avons contribué à déclencher ou amplifier sont aujourd'hui devant nous. Les réfugiés syriens, irakiens ou afghans qui arrivent chez nous sont le miroir à retardement de nos guerres.

Aujourd'hui, nous devons faire tout ce qui est possible pour que les Marwan et Rayan de ce monde ne doivent plus fuir leurs pays et que la paix et la stabilité reviennent dans la région. Et cela commence par une réorientation fondamentale de notre politique étrangère. Une politique extérieure qui se soustrait à toute escalade militaire causée par l'impérialisme américain. Une politique qui fasse que les exportations d'armes dans des régions en crise doivent être immédiatement stoppées, sachant que la moitié des armes livrées au Moyen-Orient (en particulier à l'Arabie saoudite et au Qatar, qui sont les principaux pourvoyeurs en armes des djihadistes) viennent de... Belgique.

Qui sont les profiteurs ?

Mais nos ministres ne semblent pas se regarder dans le miroir pour voir leurs responsabilités. Après avoir semé les graines de la guerre, ils n'hésitent à propager le poison de la division contre les victimes de nos guerres.

Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères, a déclaré ainsi : "La vision de Théo Francken sur les réfugiés n'est ainsi - je crois - pas très éloignée de ce que pensent les libéraux : on doit accueillir ceux qui en ont besoin, mais c'est comme chez soi : si vous accueillez quelqu'un à la maison et qu'il frappe vos enfants, viole votre femme et vole les couverts, vous le mettez à la porte. Il y a une limite à l'accueil." (3)

Oui, vous avez bien lu, "frapper vos enfants, violer votre femme, voler les couverts" sont les mots que le plus haut diplomate du pays adresse aux réfugiés. Je n'oserais pas envoyer cette citation à Marwan et Rayan qui, eux, ont vu toutes ces horreurs que vivent les réfugiés et que n'a jamais vécues M. Reynders.

Mais, plein de cynisme, Didier Reynders préfère contribuer à créer l'image vers l'opinion publique que certains réfugiés seraient "des profiteurs" qui volent "nos couverts". Il porte là une responsabilité politique immense.

Car quelle est la réalité ? Le professeur de l'ULB, André Réa, a présenté récemment une étude très fouillée menée par l'ULB et la KU Leuven : "J'ai publié une étude en janvier dernier sur un échantillon de 100.000 réfugiés et demandeurs d'asile sur la dernière décennie : après 4 ans, plus de la moitié des personnes travaillent et ils ne sont plus qu'un quart à bénéficier du revenu d'insertion. (...) Une distribution quasi identique à celle de la Belgique en général. "

La violence des propos de M. Reynders sur le "vol des couverts" est d'autant plus saisissante que "l'homme qui parle à l'oreille des riches", si prompt à combattre les "flux de réfugiés", est connu pour être le défenseur acharné des "flux financiers" des plus riches qui partent de l'État belge. La grande fraude fiscale est aujourd'hui légalisée par l'introduction d'une amnistie fiscale permanente, dont la première version fut introduite par notre ministre alors aux Finances. La transaction pénale pour les grands fraudeurs a introduit la porte de sortie confortable pour que des riches diamantaires, même pris la main dans le sac, soient épargnés de poursuites. Que dire des plus de 20 milliards de fraude fiscale ? N'est-ce pas à ce genre de profiteurs qu'il faut s'attaquer d'urgence, car ce sont eux qui menacent l'existence de notre modèle social ? N'est-ce pas aux flux financiers qu'il faudrait s'attaquer plutôt qu'au "flux de réfugiés" ?

Prendre deux milliards dans les caisses de la sécurité sociale et un mois plus tard, s'exclamer que les réfugiés menacent notre système social

Pourtant Bart De Wever en a rajouté une couche, en appelant à un statut "spécial" pour les réfugiés reconnus et en s'érigeant en défenseur de "nos" droits sociaux : "Quand quelqu'un est reconnu comme réfugié, il reçoit le revenu d'intégration, il peut demander un logement social, il reçoit des allocations familiales. C'est difficile à expliquer à des gens qui ont contribué toute leur vie." Gwendolyn Rutten a ajouté : "Le défi de cette décennie est de trouver un équilibre entre la nécessaire solidarité et ne pas mettre en péril nos acquis sociaux."

Nos excellences ont atteint là un degré d'hypocrisie rarement vu. Le 23 juillet, le gouvernement Michel-De Wever a décidé d'un tax shift qui sort deux milliards d'euros des caisses de la sécurité sociale (pour des baisses de cotisations patronales) et un mois plus tard, les mêmes nous disent que verser des allocations familiales aux réfugiés seraient une menace pour cette même sécurité sociale.

Sauf que les allocations familiales accordées aux réfugiés se montent à 0,06 milliard d'euros, 6 millions d'euros. Soit 0,3 % du montant qui a été pris dans les caisses de la sécurité sociale, 0,1 % du budget total des allocations familiales. La paille et la poutre.

Hypocrite encore de Bart De Wever dont le parti s'est fait le chantre de la limitation des logements sociaux pour toute la population.

Hypocrite toujours sachant que de nombreuses mesures récentes prises par ce gouvernement poussent des milliers de gens dans la pauvreté. Ainsi des milliers de jeunes non diplômés n'ont plus droit à des allocations d'attente au chômage quand ils ne trouvent pas de travail et viendront frapper aux portes de nos CPAS.

Hypocrite enfin parce que sortir les gens de la pauvreté en Belgique ne coûterait que 1,5 milliard euros. Mais que cet argent disponible, le gouvernement a préféré le donner, sans contrepartie, aux plus grandes entreprises du pays sous forme de cadeaux fiscaux.

Mais Bart De Wever et Didier Reynders préfèrent chouchouter leurs amis multimillionnaires Fernand Huts, Albert Frère ou Luc Bertrand. Et pour cacher ça, ils essaient de détourner les regards de la population vers des cibles faciles comme Marwan et Rayan.

Défendre le statut de réfugiés reconnus selon la Convention de Genève et les Nations Unies

Mais il y a plus. Attaquer le statut de réfugiés qui accorde ce qu'on appelle des droits sociaux résiduels - c'est à dire pas le droit ouvert aux allocations de chômage, ni à la pension, mais un nombre de droits sociaux limités - est contraire à la Convention de Genève des Nations Unies pour les réfugiés qui définit qu'ils ne peuvent pas être considérés comme des citoyens de second ordre.

Mais surtout, diminuer encore le montant accordé (pour une famille de réfugiés cela représenterait 1.100 euros) plongerait encore davantage ces familles dans la précarité, les pousserait dans les filières de travail au noir et l'illégalité et les éloignerait d'une intégration indispensable dans la société que les partisans de cette mesure prétendent pourtant souhaiter.

L'approche de nos responsables politiques envers les réfugiés doit diamétralement changer. "Parler d' "afflux", d' "essaims" est une voie pour enlever la légitimité des demandeurs d'asile et des migrants en créant des images les liant à des déchets toxiques ou des catastrophes naturelles", dénonce le rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits humains des migrants, François Crépeau. Il pointe les discours politiques en Europe qui mènent à une spirale de sentiments anti-migrants et pousse à leur criminalisation. "Les migrants sont des êtres humains avec des droits. Quand nous déshumanisons d'autres, nous nous déshumanisons nous-mêmes."

Nos responsables politiques ne peuvent pas utiliser les peurs et les préjugés d'une partie de la population pour justifier des politiques qui amplifient et alimentent le racisme, comme le font De Wever, Rutten ou Reynders. Ils ont la responsabilité d'assumer leur part de responsabilités dans ce qui cause l'exode actuel de réfugiés. Ils ont la responsabilité d'un accueil décent des réfugiés. Et ils peuvent s'appuyer aussi sur une partie de la population qui veut s'engager à le faire.

Regardez l'Allemagne. Si on rapporte des agressions et même des incendies contre des centres de réfugiés, il y a de l'autre côté un mouvement sans précédent dans des centaines de communes en solidarité avec les réfugiés, où des séances d'information sont organisées par les communes elles-mêmes pour lever les peurs. Des clubs de supporters brandissent des calicots "Welcome refugees".

Et puis, les responsables politiques adoptent un discours qui, sur beaucoup d'aspects, est tout le contraire de ce qu'affirme ici Bart De Wever, pourtant jamais avare de compliments sur le modèle allemand des bas salaires. Même le parti d'Angela Merkel affirme que "l'Allemagne est un pays d'immigration et a besoin d'immigrés", qu'un "débat est nécessaire, même si c'est controversé", que "nous manquons d'une culture d'accueil", que "nous accueillons tous ceux qui fuient la guerre et nous les mettons au travail", qu'ils ne sont "pas seulement des forces de travail, mais aussi des citoyens". (4)

Bien sûr, les propos de la CDU ne sont pas totalement désintéressés dans un pays vieillissant, à la démographie déclinante, et où le patronat cherche de la main-d'oeuvre qualifiée. Mais le climat politique général ainsi créé fait que, selon un sondage de la ZDF, 60 % de la population allemande approuve la politique d'accueil actuelle.

En Belgique, aussi beaucoup de citoyens s'engagent spontanément pour venir en aide aux réfugiés. Nous le voyons devant l'Office des étrangers à Bruxelles où leur engagement tente de pallier la politique catastrophique du secrétaire d'État Francken. Nous le voyons à Tournai où l'initiative de parrainage des réfugiés porté par des centaines de citoyens contribue à changer le climat dans cette petite ville de province.

Nos responsables politiques doivent assumer leur part de responsabilités dans la crise actuelle, changer de discours et organiser un accueil décent des réfugiés répondant aux conventions des Nations Unies. Pour ne pas nous déshumaniser nous-mêmes.

1: Émission "Van Gils & gasten", Canvas, VRT (31 août 2015)

2: La Libre, 15 février 2012.

3: Le Soir 29 août 2015

4: 2 mars 2015, CDU Einwanderung - zehn Thesen zur aktuellen Debatte (2. März 2015).

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