"Les propos de Bart De Wever ne sont ni populistes, ni xénophobes"

31/08/15 à 12:02 - Mise à jour à 12:02

Source: De Morgen

Carl Devos, politologue à l'Université de Gand, revient sur les propos de Bart De Wever dans le quotidien De Morgen. La semaine dernière, le président de la N-VA a en effet déclenché une polémique en plaidant en faveur d'un statut spécial pour les réfugiés.

"Les propos de Bart De Wever ne sont ni populistes, ni xénophobes"

Bart De Wever © BELGA

Pour Carl Devos, les propos de Bart De Wever ne sont pourtant ni populistes ni xénophobes. Devos estime que certains points soulevés par le bourgmestre d'Anvers sont peu contestables, à savoir qu'il faut mieux contrôles les frontières extérieures, que certains pays de l'UE ne prennent pas leurs responsabilités et que beaucoup de réfugiés sont accueillis à juste titre.

Même si Devos est d'avis qu'il est juridiquement difficile et moralement contestable d'accorder un statut séparé aux réfugiés, il souligne que la proposition de Bart De Wever a le mérite d'ouvrir le débat. Dans une opinion parue dans le quotidien De Morgen, Devos dénonce les tabous et les simplismes qui pèsent sur la discussion et remet les pendules à l'heure. "Nous ne sommes pas submergés et l'État-providence ne cède pas sous le poids de la migration actuelle. Tous les demandeurs d'asile n'ont pas de bonnes intentions et ils ne résoudront pas tous le problème du vieillissement. Nous devons réfléchir à la possibilité qu'ils soient suivis par beaucoup d'autres. Le modèle social existant est-il prévu pour ? Qui peut-on inclure dans ce modèle et comment ?" écrit-il.

Devos estime que la gauche ne doit pas laisser le débat sur le maintien de notre modèle social aux partis de centre droit. Pour ces derniers, les économies et un durcissement des conditions cadrent dans une opération de sauvetage et de modernisation. Si la gauche plaide également en faveur de droits et de devoirs, elle ne les met pas suffisamment en oeuvre.

On peut être pour ou contre les propositions De Wever, conclut-il, "mais de préférence après en avoir discuté sérieusement".

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