Les premières frappes françaises en Syrie liées à la traque d'Abaaoud, selon Le Parisien

13/05/16 à 18:00 - Mise à jour à 18:00

Source: Belga

(Belga) Les premières frappes aériennes françaises en Syrie du 27 septembre 2015 étaient liées à la traque d'Abdelhamid Abaaoud, révèle vendredi Le Parisien sur son site internet. Elles visaient le camp d'entraînement du Belgo-Marocain à Deir ez-Zor, sur l'Euphrate, et son port d'attache à Raqqa, selon le quotidien.

Au cours de l'été, le président français François Hollande est avisé des desseins d'Abaaoud par les ministres de l'Intérieur et de la Défense. Il annonce que la France agira, non plus seulement en Irak au sein de la coalition, mais de manière autonome en Syrie. Le 27 septembre 2015, les avions français visent un camp d'entraînement à Deir ez-Zor, rapportait ce jour-là le journal Le Monde. Selon Le Parisien, le camp d'entraînement visé était celui d'Abdelhamid Abaaoud. "Nous frappons Daech en Syrie car cette organisation terroriste prépare les attentats vers la France depuis la Syrie depuis ces sanctuaires [...]. Nous agissons donc en légitime défense", justifiait à l'époque le Premier ministre, Manuel Valls, le jour des premières frappes aériennes françaises. "La France a mené ses premières "frappes" contre le groupe État islamique (EI) en Syrie, au nom de sa "sécurité nationale"(...). Nous frapperons à chaque fois que notre sécurité nationale sera en jeu", indiquait un communiqué de la présidence de l'époque. Selon Paris, ces frappes en Syrie ont pour objectif de prévenir des actes terroristes en Europe. Le jour des premières frappes françaises, Le Monde soulignait que les sources de la défense avaient dans un premier temps laissé entendre que l'armée de l'air n'interviendrait que dans des zones dans lesquelles les avions syriens ne volaient plus. "Or, à Deir ez-Zor comme à Raqqa, l'armée de Bachar Al-Assad continue de bombarder l'EI", observait-il. Abdelhamid Abaaoud échappe à ces bombardements et se trouve en septembre à nouveau en Grèce sur l'île de Leros, face aux côtes turques, indique Le Parisien, se basant sur une information transmise par les services marocains à la France. Le 13 août 2015, Reda H., un Parisien de 30 ans interpellé dans la capitale française à son retour de Syrie, explique aux enquêteurs français qu'Abaaoud lui a demandé "de choisir une cible facile, un concert par exemple, là où il y a du monde". "Il m'a précisé que le mieux, après, c'était d'attendre les forces d'intervention sur place et de mourir en combattant avec des otages", ajoute-t-il. "Tout ce que je peux vous dire, c'est que cela va arriver très bientôt. Là-bas, c'était une véritable usine et ils cherchent vraiment à frapper en France ou en Europe", met-il en garde. D'autres témoignages de djihadistes arrêtés confirment la détermination d'Abdelhamid Abaaoud. "Au cours de l'année 2015, Abdelhamid Abaaoud, Belgo-Marocain de 28 ans, a été identifié comme l'une des principales menaces visant l'Europe. La traque de ce chef opérationnel de Daech a mobilisé les services secrets d'une dizaine de pays européens, avec l'appui de la CIA américaine et, ponctuellement, du Mossad israélien", indique le Parisien. Le nom d'emprunt d'Abdelhamid Abaaoud, Omar, a été cité dès les premières écoutes menées le 17 décembre 2014 par les enquêteurs belges dans le cadre du dossier sur la cellule terroriste de Verviers, dont le procès s'est ouvert à Bruxelles. Abdelhamid Abaaoud sera finalement abattu le 18 novembre 2015 à Saint-Denis, cinq jours après les attentats parisiens qu'il a organisés. (Belga)

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