"Les magistrats ne doivent pas faire de déclarations politiques"

02/09/11 à 11:40 - Mise à jour à 11:40

Source: Le Vif

Le ministre démissionnaire de la Justice, Stefaan De Clerck (CD&V), n'est pas particulièrement ravi des propos tenus par quelques-uns des principaux magistrats du pays lors de leurs discours de rentrée. C'est ce qu'il a indiqué sur les ondes de la VRT.

"Les magistrats ne doivent pas faire de déclarations politiques"

© EPA

Lors des mercuriales, leurs discours de rentrée, les principaux magistrats du pays ont l'occasion d'évoquer des sujets qui relèvent de la justice, mais aussi, parfois, de la politique. Cette année la mercuriale d'Anvers a fait grand bruit, puisque le procureur général et l'avocat général s'en sont pris à la politique d'asile du pays.

Jeudi, l'avocat général Piet Van Den Bon avait une vision très négative de la façon dont étaient perçues les allocations parmi les immigrants. "Dans le contexte juridique actuel, il est parfaitement possible pour un citoyen étranger, après une journée de travail ou, pire, contre le paiement d'une inscription fictive, de demander des allocations pour handicapés ou de chômage", avait-t-il dit. M. Liégeois, le procureur général en rajoute en couche en précisant " Les politiques ont négligé les problèmes en matière d'immigration. De cette façon le monde politique nous entraîne vers la fin de la démocratie ".

Des propos qui ont fait bondir Stefaan De Clerck, le ministre démissionnaire de la Justice.

"Une analyse critique peut-être prononcée, mais des déclarations politiques sur la fin de la démocratie ne conviennent pas dans la bouche d'un procureur général", a affirmé M. De Clerck. Stefaan De Clerck a laissé entendre vendredi qu'il adresserait une "solide lettre" au procureur général.

Selon M. De Clerck, les magistrats bénéficient d'une "liberté académique". "Mais ils ne doivent faire aucune déclaration politique", a-t-il ajouté, soulignant que c'était bien ce qui s'était passé à Anvers. "Ils vont l'entendre de ma part", a assuré le ministre. Il a toutefois reconnu que "tout ne se déroule pas parfaitement" dans le domaine de la politique d'immigration.

Ce n'est pas la première fois que le ministre a maille à partir avec M. Liégeois. L'année dernière le procureur général avait déjà évoqué lors des mercuriales l' "immobilisme politique". A l'époque le ministre avait également réagi en lui envoyant une lettre incendiaire.

Renaat Landuyt veut entendre Yves Liégeois et Piet Van den Bon au parlement
Le député Renaat Landuyt (sp.a) a demandé vendredi l'audition au parlement du procureur général près la cour d'appel d'Anvers, Yves Liégeois, et de l'avocat général Piet Van den Bon, après leurs déclarations controversées sur la fraude sociale et l'immigration.

Dans un communiqué, M. Landuyt a déploré que les deux magistrats n'aient formulé aucune proposition concrète. Il a souligné par ailleurs qu'à ses yeux, la hausse du nombre de dossiers de fraude sociale est un signe que le CPAS d'Anvers fait bien son travail.

"Mais je me demande combien de personnes rayées du CPAS pour fraude obtiennent quand même le versement d'allocations au tribunal du travail sur avis de l'auditeur du travail d'Anvers. Je me demande s'il n'y a pas de contradiction entre les mercuriales des magistrats Liégeois et Van den Bon et la pratique", a conclu M. Landuyt.

Levif.be avec Belga

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