Les gardiens de prison grévistes ne seront pas payés en mai

27/05/16 à 21:01 - Mise à jour à 21:17

Source: Belga

Le ministre de la Justice, Koen Geens, a rédigé un arrêté qui prive les gardiens de prison grévistes de leur salaire minimum pour les jours non prestés, a indiqué vendredi la RTBF sur son site internet, une mesure qualifiée de "normale" par l'entourage du ministre.

Les gardiens de prison grévistes ne seront pas payés en mai

Des gardiens francophones devant la prison de Louvain. © BELGA/Eric Lalmand

Les agents pénitentiaires qui sont en grève depuis le 25 avril devaient normalement recevoir un salaire minimum garanti par le SPF Emploi jusqu'à 80% de leur salaire de base, alors que les primes syndicales versées aux grévistes suivent en général plus tard.

Jusqu'à présent, les salaires étaient toujours versés, même pendant une grève, l'administration récupérant par la suite le salaire des jours non prestés progressivement, à raison de 20% maximum par mois dans les mois qui suivaient la fin du mouvement. Cela permettait aux agents de ne pas perdre brutalement tout leur salaire, selon la RTBF.

Mais le SPF Justice a notifié à ses agents en grève qu'ils ne percevront rien de ce salaire minimum pour la période allant du 1er au 22 mai.

M. Geens (CD&V) a publié lundi cet arrêté - qui ne compte qu'un article - en se fondant sur deux arrêtés royaux sur le statut des agents de la Fonction publique.

Selon le journal 'Le Soir', cette mesure pourrait bien stopper net le mouvement social entamé voici plus d'un mois.

La porte-parole de M. Geens a toutefois assuré à l'agence Belga qu'il s'agissait d'une mesure "normale" en cas de grève.

"Déplorable"

Les organisations syndicales qui ont été surprises par la mesure, déplorent grandement cette décision.

"L'administration n'agit pas comme cela d'habitude", explique Laurence Clamar, secrétaire permanente CSC Services publics. "Là, ils jouent sur les règles. Je trouve cela très maladroit, dans le climat actuel. C'est un mauvais signal que l'on donne. C'est déplorable".

Du côté du SLFP, on souligne qu'il s'agit d'une interprétation de la loi. "Notre service juridique est d'ores et déjà sur le coup", signale le secrétaire permanent Pascal Verhelst. "On aurait voulu être averti, on aurait pu discuter de ces choses".

Michel Jacobs, secrétaire fédéral CGSP, n'a pas pu être joint dans l'immédiat pour une réaction.

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