Les fidèles à Bethléem pour Noël, sécurité renforcée en Europe

25/12/16 à 03:27 - Mise à jour à 03:28

Source: Belga

(Belga) Une foule de fidèles a célébré samedi soir à Bethléem, où le Christ serait né selon la tradition chrétienne, la traditionnelle messe de minuit alors que les célébrations de Noël en Europe étaient marquées par une sécurité renforcée.

Les fidèles à Bethléem pour Noël, sécurité renforcée en Europe

Les fidèles à Bethléem pour Noël, sécurité renforcée en Europe © BELGA

Dans cette ville de Cisjordanie occupée, fidèles palestiniens et étrangers ont convergé dans la journée vers la place de la Mangeoire, à côté de la basilique de la Nativité, dans une atmosphère plus festive -et plus propice au commerce - que l'an dernier. En 2015, la vague de violences qui secouait Israël et les Territoires palestiniens avait entraîné une chute de la fréquentation à Bethléem. Cette année, les fidèles sont revenus, selon des responsables du secteur touristique. "C'est formidable d'être à Bethléem pour mon premier Noël en dehors de chez moi", s'enthousiasme Valeria, une Américaine de 21 ans. En Europe par contre, la crainte de possibles violences était au coeur des préoccupations des autorités, moins d'une semaine après un attentat au camion-bélier, revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui a fait 12 morts sur un marché de Noël à Berlin. Les mesures de sécurité autour des célébrations de Noël ont été renforcées dans plusieurs villes européennes, notamment à Milan où a été abattu le suspect de l'attentat de Berlin. En Allemagne, les autorités veulent rassurer une opinion inquiète après l'attentat. Celui-ci a révélé des failles importantes dans le dispositif antiterroriste allemand, qui ont ravivé les polémiques au sujet du million de migrants que le pays a accueilli depuis l'an dernier. Dans son message de Noël, le président allemand Joachim Gauck a appelé à ne pas "condamner de manière générale un groupe de personnes", en allusion aux réfugiés. En France, plus de 90.000 policiers, gendarmes et militaires étaient mobilisés. "Pour les messes de Noël les plus fréquentées (...) nous aurons non seulement une présence policière, mais une capacité de riposte quasi immédiate", a assuré le directeur de la police française Jean-Marc Falcone. Au Vatican, le pape François, chef spirituel de 1,2 milliard de catholiques à travers le monde, a appelé dans son homélie de Noël à éprouver de la compassion pour les enfants qui souffrent des guerres et de la misère, mais aussi pour ceux qu'on "ne laisse pas naître". Pourfendeur de "l'indifférence" d'une société consumériste, il a aussi critiqué les fidèles qui se donnent "du mal pour les cadeaux" en restant "insensibles à celui qui est exclu". En Syrie, la communauté catholique d'Alep se préparait à célébrer dimanche la première messe depuis cinq ans dans la cathédrale maronite Saint-Elie, dans la Vieille ville, deux jours après l'annonce par le régime du président Bachar al-Assad de la reprise totale des ex-quartiers rebelles de la cité. Comme de nombreux bâtiments à Alep, devenue un symbole des ravages engendrés par le conflit syrien, la cathédrale offrait un spectacle de désolation: toit effondré, bancs renversés, gravats au sol... Mais un petit groupe a entrepris de la nettoyer et d'y construire une crèche. "On a tous nos souvenirs ici, on y a célébré nos fêtes et nos joies. On veut transformer les décombres en quelque chose de beau", explique Bachir Badaoui. Sur une place du quartier d'Al-Azaziyé trônait un arbre de Noël de six mètres orné d'un drapeau syrien et de lumières. Des dizaines de familles prenaient des photos des décorations. Dans l'Irak voisin, en proie aussi aux violences, des chrétiens ont célébré samedi la première messe dans une église de Bartalla depuis que cette ville proche de Mossoul a été reprise à l'EI. "Je ne saurais décrire notre joie. C'est un peu comme revenir à la vie", s'est réjouie Nada Yaqoub, une fidèle de l'église Mar Shimoni. "Nous avons toujours senti nos crucifix autour du cou. Personne ne peut nous les arracher". En attendant une reprise de Mossoul aux djihadistes, le patriarche chaldéen Louis Raphaël Sako a demandé l'aide de la communauté internationale avant d'appeler les chrétiens d'Irak, qui avaient dû fuir l'offensive des djihadistes en 2014, à rentrer chez eux. Dans le sud des Philippines, un des principaux pays catholiques du monde, une explosion près d'une église où les fidèles arrivaient pour la messe a fait 13 blessés, selon les autorités locales. Les célébrations de Noël dans l'archipel sont également menacées par des intempéries: les autorités ont dû évacuer des milliers de personnes et fermé des dizaines de ports, en prévision de l'arrivée dimanche d'un violent typhon sur les côtes est de l'archipel dimanche. Ailleurs en Asie, au Sri Lanka, un arbre de Noël géant, présenté par Colombo comme l'arbre de Noël artificiel le plus haut du monde avec ses 57 mètres, a été au coeur d'une passe d'armes entre les autorités religieuses et politiques. Le projet, d'un coût d'environ 200.000 dollars, s'est d'abord heurté à l'opposition de l'église catholique, qui a estimé que l'argent devrait plutôt être versé à des oeuvres de charité. Mais les autorités sont ensuite intervenues directement auprès de l'archevêque. Dimanche, le pape doit prononcer sa traditionnelle bénédiction "Urbi et Orbi" depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre de Rome. (Belga)

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