Les Européens partagés sur l'opportunité d'imposer de nouvelles sanctions à l'Iran

16/04/18 à 19:20 - Mise à jour à 19:22

Source: Belga

(Belga) Les ministres européens des Affaires étrangères ne sont pas parvenus à se mettre d'accord lundi sur l'opportunité d'imposer de nouvelles sanctions à l'Iran pour son programme de missiles balistiques.

La France, le Royaume-Uni et l'Allemagne étaient entre autres favorables à de nouvelles sanctions contre Téhéran pour son rôle dans la crise syrienne, mais aussi afin de donner des gages au président américain, Donald Trump, qui menace de sortir de l'accord sur le nucléaire iranien. D'après le tempétueux locataire de la Maison Blanche, l'accord actuel comporte de nombreuses lacunes. Il a dès lors appelé l'Union européenne à mieux encadrer, d'ici le 12 mai, les activités balistiques de la République islamique et à imposer des "sanctions sévères" à Téhéran en cas de nouveaux tests de missiles. Malgré ces menaces américaines, plusieurs États européens - dont l'Italie, la Suède, l'Autriche ou encore l'Espagne - sont toujours réticents à prendre de nouvelles sanctions, une mesure nécessitant l'unanimité au sein de l'UE. La Belgique est, quant à elle, "prête à avancer sur ce point", a expliqué le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, tout en soulignant qu'il convenait de prendre garde à ne pas faire sortir l'Iran de l'accord pour satisfaire un autre partenaire. M. Reynders a par ailleurs rappelé que de nombreuses mesures avaient déjà été prises par les Européens. L'UE dispose en fait de quatre régimes de sanctions pour l'Iran - non prolifération qui comprend 121 noms de personnes ou entités, droits de l'homme (83 noms), politique en Syrie et terrorisme -, auxquels s'ajoutent un embargo sur les armes et un contrôle des ventes de biens dits "à double usage" (civil et militaire). Le ministre belge estime également que la relance d'un dialogue politique sur le dossier syrien ne sera pas possible sans les alliés de Damas, à savoir l'Iran et la Russie. Aux yeux du ministre, il convient de continuer à parler avec Moscou et Téhéran, sans éluder les problèmes. "On doit continuer à s'engager dans un dialogue ferme et direct. On doit pouvoir dire ce qui ne va pas", a-t-il commenté. En prélude de la réunion du Conseil, M. Reynders avait estimé que la prise de sanctions à l'encontre des alliés du régime de Bachar al Assad ne constituait "pas la première priorité". (Belga)

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