Les étudiants manifestent pour l'accessibilité de l'enseignement supérieur

17/11/14 à 14:26 - Mise à jour à 14:26

Source: Belga

Les étudiants de tout le pays mènent lundi des actions dans huit villes différentes sous le slogan "étudier est un droit, pas un privilège". Les craintes liées aux hausses annoncées de minerval en communauté flamande devraient avoir un impact sur la mobilisation, estime Corinne Martin, présidente de la Fédération des Etudiants francophones (FEF).

Les étudiants manifestent pour l'accessibilité de l'enseignement supérieur

Photo archives © Belga

La manifestation étudiante bruxelloise se déroule sur la place Stéphanie, devant le cabinet du ministre de l'Enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles, Jean-Claude Marcourt, pour rejoindre celui de son homologue flamande Hilde Crevits, situé boulevard Albert II.

Dès l'aube, les étudiants de l'université de Gand ont enfourché leurs vélos. Ceux de Louvain ont rejoint Bruxelles à pied. Et à l'Université Libre de Bruxelles (ULB), la plateforme Qualité et Réinvestissement Public de la Jeunesse (QRPJ) a organisé une première marche depuis le site universitaire jusqu'au cabinet Marcourt. "Notre revendication principale est l'accessibilité des études supérieures", a confié la présidente de la FEF Corinne Martin à l'agence Belga. "Nous réclamons le minerval le plus bas possible, qui permettrait à tous de pouvoir poursuivre un cursus d'enseignement supérieur."

Le minerval devrait passer de 550 euros à presque 800 euros en Flandre, a annoncé le gouvernement Bourgeois. Côté francophone, le minerval maximum s'élève actuellement à 834 euros. "Il ne faut pas réfléchir en termes de réajustement du minerval flamand", signale Corinne Martin. "Sinon, on entre dans une partie de ping-pong non constructive entre communauté. Mais la mesure flamande met clairement à mal la dynamique de l'accessibilité de l'enseignement supérieur." Coté francophone, où la question n'est pas tranchée, la FEF plaide pour "une reconduction du gel du minerval dès l'année prochaine."

Le ministre Jean-Claude Marcourt a évoqué lundi matin l'idée d'augmenter le minerval francophone pour les étudiants issus de familles plus aisées. La FEF rejette la proposition. "Ce n'est pas la solution. Les plus aisés contribuent déjà davantage au financement de l'enseignement via leurs impôts. Nous, nous plaidons pour un refinancement public via ces impôts, ce qui permet d'obtenir le minerval le plus bas possible pour tous. C'est urgent. Depuis quelques années, nous assistons à une précarisation des étudiants. Nombreux sont ceux qui doivent notamment faire appel aux CPAS pour financer leurs études", fait-elle remarquer. La question des numéros Inami non attribués à des étudiants diplômés en médecine reste un sujet de mobilisation des étudiants.

"La constitution d'un cadastre dynamique des médecins est indispensable", selon Corinne Martin. "Et nous rejetons toujours l'idée d'instaurer un examen d'entrée. Celui-ci désavantagerait les étudiants qui n'ont pas bénéficié d'un encadrement idéal en secondaire, et découragerait certaines personnes, pourtant capables de réussir le test." Le système français où le minerval s'élève à 183 euros avec une sélection très stricte à l'entrée n'a pas non plus les faveurs de la FEF.

Nos partenaires