Les économies à la Justice assimilent la Belgique à un Etat voyou

15/05/16 à 13:49 - Mise à jour à 13:49

Source: Belga

(Belga) La politique de restrictions budgétaires du gouvernement fédéral incite l'administration de la Justice à désobéir à la loi et risque d'assimiler la Belgique à un Etat voyou, a affirmé dimanche le premier président de la Cour de cassation et premier magistrat du pays, Jean de Codt, dans l'émission Les Décodeurs (RTBF).

Les économies à la Justice assimilent la Belgique à un Etat voyou

Les économies à la Justice assimilent la Belgique à un Etat voyou © BELGA

"Quel respect donner à un Etat qui marchande sa fonction la plus archaïque, qui est de rendre la Justice ? Cet Etat n'est plus un Etat de droits, mais un Etat voyou", a affirmé M. de Codt, alors que plane une menace de grève jusque dans le monde des magistrats. Il relève que l'administration de la Justice se réserve désormais le pouvoir de ne plus publier les places vacantes, et donc de ne plus remplir les cadres prévus par la loi, sans avoir l'aval de l'administration des Finances. "La loi n'est plus respectée", affirme Jean de Codt, pour qui le Pacte de stabilité budgétaire a pour effet que le Plan Justice ressemble désormais à "un plan social massif". A ses yeux, du fait que le contentieux explose et qu'il y a toujours moins de personnel judiciaire, le droit de l'homme que constitue l'accès au juge risque de ne plus être assuré. La Belgique peut se faire condamner au niveau international en matière de justice équitable et de délai raisonnable, mais aussi pour les "conditions infectes" de détention dans les prisons du Royaume. Le premier président de la Cour de cassation estime toutefois que la confiance n'est pas rompue avec le gouvernement et que le dialogue continue, mais il affirme que le monde de la Justice utilisera les armes légales si nécessaire. Il estime par ailleurs qu'un juge ne peut pas faire grève. (Belga)

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