Les écoles francophones invitées à débattre de la tolérance ce mois de mars

23/02/15 à 18:43 - Mise à jour à 18:43

Source: Belga

Après les attaques sanglantes de Paris et Copenhague, l'ensemble des écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont invitées à placer le mois de mars à venir sous le sous le signe de la tolérance et du vivre ensemble.

Les écoles francophones invitées à débattre de la tolérance ce mois de mars

/ © Belga

A l'initiative de la ministre de l'Education, Joëlle Milquet, et en partenariat avec différents acteurs de la société civile et des médias, ces établissements pourront profiter d'intervenants extérieurs pour animer en classe des discussions sur ces sujets jusqu'aux vacances de Pâques.

"L'objectif est d'outiller les enseignants par rapport à des débats très sensibles", a expliqué lundi lors d'une conférence de presse Joëlle Milquet qui vient d'envoyer des directives ministérielles en ce sens aux établissements scolaires de la Fédération.

Parmi les acteurs de la société civile qui se sont mobilisés, on retrouve notamment l'association des journalistes professionnels qui, fort de son expérience de 15 ans avec l'opération "Journalistes en classe", propose de venir expliquer aux jeunes les concepts de liberté d'opinion et de presse mais aussi renforcer leur esprit critique face aux théories du complot.

Les radio-télévisions publique et privée RTBF et RTL ont également décidé, avec le concours de leurs journalistes et employés, de descendre dans les écoles pour débattre de la tolérance, du métier de journaliste, de la liberté de la presse et d'opinion.

"Notre volonté n'est pas de donner des conférences, mais de laisser une grande place au débat sur le rôle des médias", assure Jean-Jacques Deleeuw, directeur de la communication de RTL.

Les éditeurs de journaux francophones belges prêteront eux aussi main forte à l'opération, de même que le mouvement contre le racisme et la xénophobie (MRAX), le conseil supérieur d'éducation aux médias (CSEM), les avocats ainsi que le conseil consultatif supérieur des cours philosophiques. "L'école doit être le lieu où l'on conjugue les différences sans les opposer", défend son président, Benoît Van der Meerschen.

Une association regroupant une quinzaine de familles belges confrontées au départ d'un enfant vers la Syrie a également offert ses services pour discuter des problèmes de radicalisme avec les jeunes.

"On peut se baser sur toutes les études et enquêtes que l'on veut, mais rien ne vaut le vécu. Je crois que les jeunes sont prêts à écouter la voix d'une mère", confie, émue, Saliha Benali, maman d'un jeune de Vilvorde parti et mort en Syrie en 2013.

Dans la circulaire ministérielle qui leur est adressée, les écoles trouveront la liste des intervenants qu'ils peuvent solliciter pour mener ces débats avec leurs élèves, qu'ils soient dans l'enseignement primaire ou le secondaire. Le film "Caricaturistes, fantassins de la démocratie" sera également mis à leur disposition sur demande.

Dans les écoles de l'enseignement officiel, les cours de morale ou religion -d'habitude organisés de manière séparée en fonction des convictions de chacun- auront lieu en commun durant tout ce mois de mars.

"L'objectif est de donner des grilles de lecture collective par rapport aux socles de valeurs communes", justifie Joëlle Milquet.

Celle-ci invite d'ailleurs les écoles et leurs enseignants à rédiger durant ce mois de mars les dispositions d'une "Charte de citoyenneté" sur laquelle tous les jeunes et les adultes s'appuyer. Les meilleurs projets seront récompensés et seront proposés comme source d'inspiration pour la rédaction d'un "pacte de citoyenneté belge" à venir.

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