Les droits humains sont en danger, même en Belgique, alerte Amnesty International

24/02/16 à 01:34 - Mise à jour à 01:34

Source: Belga

(Belga) Les droits humains sont plus que jamais menacés à travers le monde, après une année 2015 marquée par des souffrances infligées à des millions de personnes et des mesures sécuritaires et antiterroristes draconiennes imposées par les gouvernements, alerte Amnesty International dans son rapport annuel publié mercredi. La Belgique n'est pas épargnée, pointe Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone de l'organisation.

Les attentats ainsi que la menace terroriste ont mené le gouvernement belge à présenter des propositions de mesures "préoccupantes sur le plan des droits humains", comme le droit à la vie privée (extension des motifs pour une déchéance de nationalité, allongement du délai de garde à vue, perquisitions à tout moment lors d'enquêtes liées au terrorisme, etc.). C'est pourquoi il est nécessaire, dans un premier temps, "d'évaluer les premières mesures déjà prises avant les attentats de Paris en novembre", souligne M. Hensmans. "Le danger, c'est quand ces mesures sont inscrites dans la Constitution ou dans la durée (...) ainsi que le basculement du judiciaire vers l'administratif", avec non plus "un juge qui décide d'une éventuelle arrestation ou d'un mandat, mais un policier, sans droit à un recours, donc". L'organisation met aussi en exergue des failles des services de renseignement. "Il faut des services capables de s'infiltrer, d'aller à l'intérieur des réseaux et détecter ce qui se prépare afin de prévenir les attentats. Et ça, ça n'est pas un commissaire en plus à Molenbeek et des équipes de policiers en plus qui vont réellement résoudre ces questions-là." Le pays est aussi pointé du doigt sur sa gestion des réfugiés. "Le gouvernement belge s'est retrouvé devant une situation qui avait été générée par tous les gouvernements précédents", avec des moyens alloués à l'accueil successivement diminués, et pas suffisants face à un afflux comme en 2015. La réponse de l'Europe en général est critiquée. "Le problème, c'est que l'Europe a continué à réfléchir en termes de frontières, et a augmenté les difficultés des réfugiés à venir, pour ralentir les flux. Mais on sait que c'est faux, que ça rend juste le voyage plus dangereux." (Belga)

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