Les détenus ne bénéficient pas assez souvent d'un projet de réinsertion

02/12/16 à 11:55 - Mise à jour à 12:00

Source: Belga

(Belga) Le système pénitentiaire belge ne tient pas assez compte des projets de réinsertion des détenus, révèle une enquête du Conseil central de surveillance (CTRG), l'organe de contrôle des prisons en Belgique. "Après onze ans, le plan de détention individuel prévu par la loi de 2005 ne s'applique toujours pas", regrette Inke Casier, criminologue et juriste à la VUB.

Les détenus ne bénéficient pas assez souvent d'un projet de réinsertion

Les détenus ne bénéficient pas assez souvent d'un projet de réinsertion © BELGA

A la suite d'un colloque européen organisé en novembre à Paris consacré aux règles pénitentiaires européennes, le CTRG a réalisé un sondage auprès de dix des trente commissions de surveillance en Belgique. Le principal problème relevé par les détenus et les directions des prisons sont les infrastructures vieillissantes. Par ailleurs, le masterplan prison approuvé par le parlement le mois dernier vise à rénover les prisons vétustes. "Derrière les problèmes d'infrastructures, se cachent des problèmes plus structurels", explique Ineke Casier. Elle déplore l'absence de projet de réinsertion au sein des prisons belges. Pourtant, la loi de principe sur les prisons de 2005 prévoit l'intégration de tels projets. "Onze ans plus tard, cette mesure n'est toujours pas appliqué", regrette la juriste. Le plan de détention individuel prévoit un programme incluant des possibilités d'éducation, de formation et de conversion visant à la réinsertion du détenu. "Ces formations les responsabilisent et les poussent à réfléchir à la manière de vivre la détention", ajoute Inke Casier. La criminologue pointe également le rôle des gardiens. "L''implication des gardiens dans le processus de réinsertion laisse à désirer. Cette erreur est principalement due au système. Ce sont pourtant bien eux qui sont en contact avec les détenus tous les jours. Leurs connaissances et leur expertise sont sous-estimées", conclut-elle. (Belga)

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