Les choix d'Alda Greoli menacent "la vitalité d'un certain cinéma de création"

01/02/18 à 20:40 - Mise à jour à 20:42

Source: Belga

(Belga) Treize associations du secteur du cinéma dénoncent jeudi les décisions de la ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Alda Greoli, en matière de subventions. Ils pointent particulièrement la réduction de l'enveloppe allouée à certains ateliers de production et la suppression du soutien au festival 'Filmer à Tout Prix'. Les choix de la ministre sont "le signe d'un virage dans la politique culturelle de la FWB et constituent une dangereuse atteinte à la vitalité d'un certain cinéma de création", notamment le documentaire, s'inquiètent les associations.

Si fin 2017, les durées des conventions et les montants alloués aux Ateliers d'accueil et d'école ont été maintenus, il n'en va pas de même pour les ateliers de production reconnus. Six sur sept ont ainsi vu leur convention réduite de quatre à deux ans et certains ont subi une baisse de leur enveloppe de fonctionnement, déplorent les associations, parmi lesquelles figurent l'Atelier de production de la Cambre, l'Atelier de réalisation de l'INSAS, le Centre de l'audiovisuel à Bruxelles ou encore Wallonie Image Production. Le dispositif des ateliers de production "participe de manière stable et certaine à la vitalité de notre cinématographie" en permettant aux jeunes cinéastes de financer notamment leur film de fin d'études, ainsi que de soutenir, co-produire et diffuser les films d'auteur. Ce dispositif tel que défini dans le décret Cinéma, est spécifique à la Fédération Wallonie-Bruxelles et unique en Europe. "Appliquer à ses structures le seul critère de la rentabilité témoigne d'une politique à courte vue dont les auteurs seront les premières victimes". En supprimant son subside structurel, la FWB démantèle un festival qu'elle a elle-même créé en 1985. Le festival "Filmer à tout prix" ne bénéficie plus d'aucune aide. En 2017, l'évènement avait réuni 800 longs-métrages lors d'un appel à films, signe "d'une vitalité et de la renommée qu'il suscite parmi les réalisateurs belges et étrangers". À cela s'ajoute également la diminution de l'aide d'un lieu de diffusion aussi singulier que le Cinéma Nova. "Nous nous dirigeons vers un appauvrissement programmé en termes de contenu, de visibilité et de diversité de cette création cinématographique", s'inquiètent les associations. (Belga)

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