Les Affaires étrangères victimes de hackers informatiques en 2011

19/09/13 à 20:09 - Mise à jour à 20:09

Source: Le Vif

Le département des Affaires étrangères a bien été victime en 2011, comme des instances gouvernementales d'autres pays et l'Otan, de pirates informatiques qui avaient installé un logiciel espion dans son réseau informatique, a indiqué jeudi le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders. porte-parole.

Les Affaires étrangères victimes de hackers informatiques en 2011

© Image Globe

Mais ce logiciel malveillant (ou "malware") a été identifié puis neutralisé, avec l'aide du ministère de la Défense et l'enquête sur les auteurs de cette intrusion informatique est toujours en cours au parquet fédéral, a-t-il affirmé à New York en marge d'une visite de la reine Mathilde qu'il accompagne.

M. Reynders a toutefois évoqué "des références à des entreprises chinoises", sans aller jusqu'à accuser le gouvernement de Pékin d'en être responsable.

La presse avait déjà évoqué en novembre 2012 une affaire d'espionnage ayant visé le Service public fédéral (SPF) Affaires étrangères. Selon le journal La Libre Belgique, "des hackers, sans doute russes ou chinois, ont piraté des ordinateurs de diplomates spécialisés dans les questions d'économie et d'énergie européennes".

M. Reynders a souligné qu'il avait été prévenu de cette intrusion par le secrétaire général du département, Dirk Achten, lors de son entrée en fonction aux Affaires étrangères, en décembre 2011. Il a précisé qu'il avait prévenu le Premier ministre Elio Di Rupo et déposé plainte auprès du parquet général, où l'enquête "se poursuit encoreaujourd'hui".

"Il y en avait déjà eu plusieurs (attaques) dans le passé semble-t-il", a dit le ministre. Celle-ci, "on l'a détecté par nous-mêmes", a-t-il fait valoir.

"Nous avons pris les mesures pour remédier à cette situation en collaboration avec la Défense. C'est à la Défense que l'on dispose des meilleurs méthodes pour lutter" contre ce genre de pratiques, a-t-il ajouté, assurant que le malware avait été "neutralisé" et les systèmes informatiques "nettoyés".

"Depuis, on a renforcé les systèmes de défense", a poursuivi M. Reynders, expliquant ignorer si des données sensibles avaient été dérobées par les hackers. "On ne sait jamais ce qui a été collecté" ou copié, a-t-il dit.

Le gouvernement avait vivement dénoncé lundi une "intrusion" dans le système informatique de l'opérateur public de téléphonie Belgacom, soupçonnant l'implication "à haut niveau d'un autre Etat", qui, selon des médias, pourrait être les Etats-Unis par le biais de la controversée Agence nationale de sécurité (NSA).

La Belgique est considérée comme une cible de choix pour les espions, notamment en raison de la présence sur son sol d'institutions internationales comme l'Union européenne et l'Otan.

"L'objectif, c'est de toujours renforcer la sécurité, ce que nous faisons avec les services militaires", qui sont probablement "ceux qui disposent de la meilleure capacité en la matière en Belgique, a conclu M. Reynders.

"La NSA a espionné les Affaires étrangères et le Commerce extérieur déjà en 2006"

L'agence de renseignement américaine NSA (National Security Agency) était déjà intéressée en 2006 par des informations sur la politique étrangère et le commerce extérieur de la Belgique, selon le blog belge sur la sécurisation sur internet Belsec. L'information provient de fuites de l'ancien agent de la NSA Edward Snowden et a été publiée par la presse brésilienne.

Selon le document, datant du 17 mai 2006, la division International Securities Issues Build Out s'intéressait à 13 pays sur trois continents. Le point commun de ces pays était d'avoir des liens étroits avec les USA dans les domaines de l'économie, du commerce et de la défense.

La division Western Europe and Strategic Partnerships s'intéressait particulièrement aux affaires étrangères et au commerce en Belgique, France, Allemagne, Italie et Espagne. Le Brésil, le Japon et le Mexique étaient aussi concernés, explique le document.

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