Ledoux salue la "décision sage" de Galant: "La sérénité va pouvoir revenir"

15/04/16 à 14:37 - Mise à jour à 17:37

Source: Belga

L'ex-patron du SPF Mobilité Laurent Ledoux, dont le conflit ouvert avec sa ministre de tutelle a conduit à leur démission à tous les deux, a salué vendredi "la décision sage" de Jacqueline Galant, qui a présenté sa démission au roi vendredi matin. "Je la remercie d'avoir pris ses responsabilités", a-t-il commenté.

Ledoux salue la "décision sage" de Galant: "La sérénité va pouvoir revenir"

Laurent Ledoux, président du SPF Mobilité. © BELGA/Kristof Van Accom

"Je pense que c'est une décision sage, et je la remercie d'avoir pris ses responsabilités", a commenté Laurent Ledoux, interrogé par l'Agence Belga après l'annonce par Jacqueline Galant de sa démission. "La sérénité va pouvoir revenir au SPF Mobilité."

L'ex-patron du SPF Mobilité - le conseil des ministres a acté sa démission vendredi matin - est revenu sur les critiques formulées par l'ex-ministre à son encontre. "Si le fait de mettre en lumière des problèmes et des dossiers mal gérés, c'est être 'destructeur', alors nous n'avons clairement pas la même définition de ce mot", a-t-il estimé. L'idée de la ministre de demander une enquête psycho-sociale du SPF Mobilité, comme elle en avait annoncé l'intention dans une lettre mercredi, est "surprenante". "Le SPF ces derniers temps était pris en exemple et visité deux ou trois fois par semaine pour son organisation. Son taux d'absentéisme est parmi les plus bas."

Le départ de Jacqueline Galant "n'est qu'une première étape dans la remise à niveau des conditions qui doivent permettre au SPF Mobilité de fonctionner" normalement. "Belgocontrol doit par exemple être obligé de partager ses informations, c'est une question de volonté politique", poursuit Laurent Ledoux.

Celui-ci va "retourner dans le privé et tenter de créer de l'emploi".

Michel salue "l'énergie et l'engagement" de Galant

"Je me suis exprimé hier à la Chambre sur base des informations données par Jacqueline Galant et son cabinet", a précisé le Premier ministre.

"A l'issue de la séance plénière, il m'a été confirmé que contrairement à ce qui avait été porté à ma connaissance, un résumé de ce rapport avait été discuté et envoyé au cabinet de la ministre en juin 2015. Je ne peux pas accepter que cet élément précis n'ait pas pu être porté à la connaissance de la Chambre hier et cela, même si la ministre m'a indiqué qu'elle n'a pas personnellement reçu ce document."

Charles Michel a rappelé que son gouvernement s'est "depuis le début impliqué pour assurer et renforcer la sécurité des citoyens". "Le gouvernement demande à la DG Transport aérien de faire une analyse précise de la manière dont le rapport a été traité depuis qu'il a été communiqué par la Commission", a précisé le Premier ministre. Le rapport de la Commission européenne pointait des manquements dans la sécurisation de l'espace réservé aux passagers à l'aéroport de Zaventem.

Le Premier ministre a salué "l'énergie et l'engagement" dont a fait preuve Mme Galant et les réformes "courageuses et importantes pour l'avenir" qu'elle a initiées. Il a indiqué que la ministre serait remplacée "dans les meilleurs délais, et cela afin d'assurer la continuité du service".

"Mensonges et incompétences"

La démission de la ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant, sanctionne "enfin ses mensonges et ses incompétences" et oblige le gouvernement à régler sans tarder les questions prioritaires de la sécurisation des aéroports, des gares et moyens de transport à grande fréquentation, ainsi que du survol aérien de Bruxelles, a affirmé vendredi le président de DéFI, Olivier Maingain.

Selon lui, elle oblige le gouvernement à régler sans tarder deux questions prioritaires: la présentation au parlement fédéral, dans les quinze jours, d'un plan sérieux de sécurisation des aéroports et, de manière plus générale, des gares et moyens de transport à grande fréquentation; et le dossier du survol aérien de Bruxelles.

Pour M. Maingain, le gouvernement fédéral doit présenter au parlement, dans les quinze jours, un plan sérieux de sécurisation des aéroports, des gares et moyens de transport à grande fréquentation.

Il doit prendre position dans le dossier du survol aérien de Bruxelles, "avec la volonté de réduire drastiquement les nuisances sonores subies par les Bruxellois, en ce compris ceux de la périphérie, et les Brabançons wallons".

"Dans ce dossier, il en va aussi de la sécurité et de la santé d'un très grand nombre d'habitants. Madame Galant a laissé délibérément pourrir ce dossier dans l'attente de l'entrée en vigueur, le 13 juin prochain, d'un règlement européen en vertu duquel il sera plus difficile d'encadrer l'activité économique de l'aéroport de Bruxelles-National, notamment par l'interdiction des vols de nuit", a ajouté le président de DéFI.

Aux yeux d'Olivier Maingain, le gouvernement Michel ne retrouvera une crédibilité dans les matières gérées par Mme Galant "que s'il assume enfin des choix clairs et certains sur ces questions, ainsi que pour le financement du RER wallon et la qualité du service de la SNCB".

Un remplacement qui ne devrait pas traîner, même si le MR se donne le temps de la réflexion

Le roi a donc accepté la démission de la ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant, après que celle-ci s'est entretenue avec le Premier ministre Charles Michel, fâché de ce qu'un élément connu de son cabinet ministériel, "n'ait pas pu être porté à la connaissance de la Chambre". Il s'agit d'un audit de la Commission européenne faisant état de manquements dans le suivi de la sûreté des aéroports en Belgique.

Le cabinet de la ministre Galant avait faire dire jeudi au Premier ministre que le gouvernement avait pris connaissance de ces informations par la presse. Or, entre-temps, l'opposition était entrée en possession de courriels envoyés par le patron démissionnaire du SPF Mobilité, Laurent Ledoux, prouvant que le cabinet Galant avait bien reçu l'information émanant de l'audit de la Commission.

L'affaire Galant risquait de se muer en affaire Michel, soulignaient plusieurs élus en fin de séance plénière, obligeant la ministre voire le Premier ministre à fournir des explications complémentaires vendredi.

Charles Michel et Jacqueline Galant ont pris langue dès jeudi soir. L'annonce de la démission de cette dernière est tombée vendredi matin à l'issue du conseil des ministres.

Mme Galant a justifié sa décision en estimant que le climat requis pour gérer des dossiers particulièrement complexes ne pouvait plus être constructif dans un contexte de "confusion orchestrée et théâtrale". Elle a égratigné Laurent Ledoux coupable à ses yeux de vouloir "surfer sur le climat actuel marqué par les attentats du 22 mars".

Dénonçant de la même façon le "déballage" opéré par l'administration, le président du MR, Olivier Chastel, a salué le geste posé par Mme Galant. Le Premier ministre Charles Michel avait déjà lui-même loué "l'énergie et l'engagement" de la ministre démissionnaire.

Il revient à présent aux deux hommes de régler la succession de Mme Galant. Il devra s'agir d'une personnalité solide et crédible alors qu'un des grands enjeux du futur ministre sera de faire décoller le nouveau plan de survol de Zaventem. Ce dossier a cristallisé les relations entre le gouvernement et l'administration. De nombreux écueils devront être franchis, les intérêts économiques et ceux des riverains de l'aéroport étant relativement divergents. Le dossier est également délicat sur le plan communautaire. De nombreux ministres s'y sont cassé les dents.

Quelqu'un de neuf dans la fonction pourra s'inscrire dans une relation normalisée avec une administration elle aussi remaniée à sa tête. Le nom du successeur devrait être connu au début de la semaine prochaine.

Certains noms sont régulièrement cités dans la presse, des députés Denis Ducarme ou Philippe Goffin au député wallon Jean-Luc Crucke, en passant par le coming man du MR, l'échevin montois Georges-Louis Bouchez contraint de rendre son siège de député wallon à Jacqueline Galant.

Le député Richard Miller a pour sa part assuré Jacqueline Galant et Georges-Louis Bouchez de son soutien en sa qualité d'élu de l'arrondissement de Mons-Borinage. "Nous allons poursuivre ensemble le travail entrepris, et je veillerai pour ma part à être à leurs côtés", a-t-il insisté.

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