Le système des congés et permissions de sortie fonctionne

30/05/18 à 16:08 - Mise à jour à 16:10

Source: Belga

(Belga) Le système des congés pénitentiaires et permissions de sortie octroyés aux détenus "a fait ses preuves depuis des dizaines d'années", assure mercredi Marc Dizier, président de l'Association francophone des directeurs de prisons. L'auteur de l'attaque perpétrée à Liège mardi bénéficiait au moment des faits d'un congé pénitentiaire, ce qui a ouvert un débat sur l'efficacité du système. Pour M. Dizier, qui est également directeur de la prison d'Andenne, ce drame ne peut remettre en cause "tout un système qui fonctionne".

"Ce n'est pas comme si nous étions régulièrement confrontés à des cas de récidive grave lors de congés pénitentiaires", souligne Marc Dizier, ajoutant que ces congés se passent général plutôt bien. "C'est un système humain qui n'est donc pas parfait", admet-il mais l'émotion déclenchée par l'attaque de Liège ne doit pas suffire à le remettre en cause. Un congé pénitentiaire peut être accordé sur demande d'un condamné définitif et lui permet de quitter l'établissement pénitentiaire jusqu'à trois fois 36 heures par trimestre. "Le premier critère de réussite est de rentrer en temps et en heure", explique le directeur de la prison d'Andenne. "Le second est de respecter les conditions fixées. Certaines sont générales, soit ne pas commettre de nouvelles infractions, ne pas consommer d'alcool ou de drogue. D'autres sont spécifiques au détenu. Par exemple, s'il s'agit d'un délinquant sexuel, cela peut être de consulter un psychologue ou pour un toxicomane, d'assurer un suivi de son addiction." Benjamin Herman, l'auteur de l'attaque de Liège, qui a coûté la vie à deux policières et un étudiant de 22 ans, a bénéficié en 2016 d'un régime de détention restreinte qui lui permettait de sortir de prison le matin et d'y revenir le soir afin qu'il puisse trouver un travail et se préparer à sa libération définitive, en 2020. Un soir, il n'était toutefois pas rentré en prison et avait été arrêté pour un vol avec effraction qu'il avait commis quand il se trouvait hors de l'établissement pénitentiaire. Son régime préférentiel a pris fin et il a dû attendre 19 mois avant de pouvoir prétendre à nouveau à un congé pénitentiaire ou une permission de sortie. "Ses droits aux congés et permissions de sortie ont été suspendus quelques mois. Il est normal qu'ils lui reviennent après un certain temps car de toute façon, il allait sortir. D'un point de vue criminologique, on sait qu'il est préférable de bien préparer sa libération", conclut le président de l'Association francophone des directeurs de prisons. (Belga)

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