Le squat, remède ultime pour exercer le droit au logement

23/12/14 à 14:26 - Mise à jour à 14:26

Source: Belga

La Ligue des droits de l'Homme (LDH), le syndicat des locataires et le curé des Marolles Jacques Van Der Biest ont défendu mardi matin, au squat situé dans un immeuble du Foyer ixellois au 583 de la chaussée de Boondael, que l'occupation d'immeubles vides est un remède ultime pour exercer le droit au logement.

Le squat, remède ultime pour exercer le droit au logement

Le 583 de la chaussée de Boondael. © Google Street

Le squat compte 6 à 7 occupants, parmi lesquels des personnes expulsées d'un immeuble de la rue Victor Smet par le Foyer ixellois le 9 décembre dernier.

"On a voulu s'inscrire sur les listes du Foyer ixellois", raconte Alexandru, 33 ans, bénéficiaire du CPAS. "Ce n'est même pas des listes d'attente. C'est seulement des préinscriptions". Il dénonce que l'électricité est coupée chaque jour. "La violence est terriblement institutionnelle pour le moment", estime l'avocat Georges-Henri Beauthier. "Venir couper l'eau et l'électricité, c'est couper ce droit au logement qui demande encore à être appliqué".

Une brochure rappelle aux bourgmestres de Bruxelles que le droit au logement est reconnu au niveau international, national et régional. Alexis Deswaef, président de la LDH, souligne qu'il est consacré dans l'article 23 de la Constitution. "Le squat: c'est un groupe de personnes vulnérables et sans logis qui prennent leur droit au logement en main. (...) On a des députés au niveau fédéral qui ont voté des lois permettant de réquisitionner des immeubles vides. On a des députés au niveau régional qui ont voté une loi permettant la gestion publique des bâtiments vides pour les remettre sur le marché locatif. Comment se fait-il que ces lois ne sont pas mises en oeuvre ?", insiste-t-il. Certains justifient cette inertie par la réticence des communes à réaliser un cadastre des immeubles vides, qui devrait commencer par les biens communaux.

"On attend l'hiver pour déployer des solutions d'urgence, plutôt que de mettre en oeuvre des solutions structurelles", continue Alexis Deswaef. "Le gouvernement va réfléchir à des moyens pour rendre plus facile l'expulsion des squatteurs. Il lutte contre les sans-abri, plutôt que contre la problématique".

En savoir plus sur:

Nos partenaires