Le Roi Philippe: "Nous ne sommes pas tombés dans le piège des terroristes"

29/01/15 à 12:12 - Mise à jour à 12:15

Source: Belga

La Belgique n'est pas tombée dans le piège de la division tendu par les auteurs des attentats, mais le risque demeure de céder aux raisonnements réducteurs, a mis en garde jeudi le roi Philippe à l'occasion de ses voeux aux autorités publiques du pays.

Le Roi Philippe: "Nous ne sommes pas tombés dans le piège des terroristes"

Le roi Philippe © BELGA

Le chef de l'Etat a d'emblée abordé les attentats de Paris et l'opération policière antiterroriste du 16 janvier dernier en Belgique, dans son traditionnel discours de voeux aux Corps constitués, au Palais royal.

"C'est notre société tout entière qui s'est sentie ébranlée", a-t-il constaté, se félicitant au passage de la "réaction rapide et efficace" des autorités publiques belges.

"Les auteurs des attentats récents ont cherché à nous diviser. Nous ne sommes pas tombés dans ce piège. Mais le risque demeure de céder aux raisonnements réducteurs, de créer des fractures nouvelles et d'alimenter une spirale de la haine", a souligné le souverain.

A ses yeux, la meilleure manière de réagir est de "vivre pleinement nos valeurs".

"Sur le plan individuel, pour chacun de nous, cela implique par exemple de passer d'une simple tolérance vis-à-vis des autres à une culture de respect et de réciprocité", a-t-il insisté.

Quant aux autorités publiques, le Roi - et le gouvernement qui contresigne son discours - leur assigne trois missions fondamentales: offrir aux citoyens un cadre "stable et résilient" garant de l'intérêt général, garantir l'équité en luttant contre les inégalités avec une attention pour les plus vulnérables, et endosser un "rôle dynamisant" pour stimuler les initiatives individuelles.

Le chef de l'Etat insiste sur les gains d'efficacité réalisés par de nombreuses administrations, et qui selon lui "ne se sont pas faits au prix d'une moindre équité".

"Le degré d'efficacité de l'Etat se mesure différemment de celui du secteur privé: il se mesure à l'aune de cet objectif d'équité", a-t-il souligné.

Et le Roi d'insister sur la nécessité d'une mentalité "proactive et stimulante, de plus en plus présente dans nos administrations".

Michel appelle à l'unité pour le développement économique et la réponse antiterroriste

Par ailleurs, le Premier ministre Charles Michel a appelé jeudi au rassemblement en faveur du développement économique, garant de solidarité entre citoyens, et à l'unité pour préserver la sécurité et les valeurs fondamentales face à la menace terroriste. "Nous vivons dans un monde turbulent et agité. Mais nous devons répondre aux doutes et à l'angoisse", a déclaré le chef du gouvernement à l'occasion de son discours aux principales autorités du pays, au Palais royal.

Charles Michel a rappelé les objectifs de rigueur budgétaire et de relance des investissements défendus par son gouvernement, insistant sur la loyauté fédérale et le comité de concertation pour souligner la nécessité de "rassemblement et de confiance".

"Le développement économique n'est pas un but en soi, mais l'instrument le plus solide et durable pour consolider notre sécurité sociale et la solidarité entre citoyens", a-t-il affirmé, en répétant l'espace disponible selon lui pour la concertation sociale.

Le même appel à l'unité a été répété lorsqu'il a abordé la réponse à la menace terroriste.

Au-delà des différentes convictions personnelles, philosophiques ou religieuses, "nous devons être unis pour porter haut les valeurs fondamentales et les libertés que nous chérissons", a-t-il dit.

M. Michel a rappelé les 12 mesures de son gouvernement et la plate-forme des différents niveaux de pouvoir pour lutter contre le radicalisme, en justifiant la présence militaire sur certains sites sensibles.

Après plusieurs passes d'armes entre son parti, le MR, et des personnalités PS sur la déchéance de nationalité, il a estimé que "le temps des confrontations stériles et des remarques mordantes" était révolu.

"La sécurité, les libertés fondamentales, les valeurs démocratiques et l'amélioration de notre modèle social" sont en jeu à ses yeux, et le test ne pourra être réussi "que si tous nous restons unis, au-delà de nos visions différentes", a dit le chef du gouvernement.

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