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Olivier Mouton
Olivier Mouton
Journaliste politique au Vif/L'Express
Opinion

07/09/17 à 17:17 - Mise à jour à 17:16

Le Roi Olivier, le Prince Charles et le Valet Benoît

Olivier Mouton. Fin stratège, le président de DéFi, Olivier Maingain, est le grand triomphateur de la crise de l'été. Le parti de Charles Michel devient premier à Bruxelles et en Wallonie. Au CDH, qui s'écrase, les jours de Benoît Lutgen pourraient être comptés.

Le Roi Olivier, le Prince Charles et le Valet Benoît

© Belga

Attention, mesdames et messieurs, ça va secouer. La crise politique francophone ouverte par Benoît Lutgen, le 19 juin dernier, a rebattu les cartes au sud du pays, du moins en Wallonie avec une majorité MR-CDH. Mais le Grand Baromètre Ipsos/Le Soir/ RTL publié ce jeudi témoigne aussi du fait que la décision du président du CDH risque aussi de provoquer un tsunami électoral - et pas du tout en sa faveur...

Le grand vainqueur de l'été, on le pressentait, on l'avait écrit ici-même, c'est Olivier Maingain. Président du FDF, puis de DéFi, depuis pas moins de vingt-deux ans ( !), il a réussi à s'imposer comme le maître du renouveau politique en cette période tumultueuse. Une prouesse. Omniprésent dans les médias depuis la mi-juin, donneur de leçon en chef au discours parfois matamoresque, le désormais Roi Olivier a pu convaincre en fixant des conditions drastiques pour l'entrée dans les majorités, en réclamant la mise à l'écart des inculpés, mais aussi en restant fermement attaché à son mariage avec le PS dans la capitale. Résultat des courses ? Un plébiscite. DéFi doublerait son score à Bruxelles (de 9,3% à 18,4%), percerait enfin en Wallonie (de 2,8% à 6,2%) sans personnalité forte, tandis que Maingain lui-même serait la première personnalité bruxelloise et la deuxième en Wallonie.

C'est la preuve que le jusqu'au-boutisme radical et la parole acérée portent leurs fruits. Que le succès ne dépend pas forcément de la nouveauté, aussi. Et que l'électeur est décidément à la recherche d'une autre proposition politique : ce n'est pas pour rien que le patron de DéFi a déclaré sa passion pour le candidat devenu président français, Emmanuel Macron. Après l'explosion du PTB dans les sondages (confirmée par ce même baromètre à 17,5% en Wallonie), DéFi est le deuxième étage d'une révolution annoncée.

Et quel pied de nez à Benoît Lutgen ! En tirant la prise des majorités avec le PS dans les trois entités francophones, le président du CDH espérait frapper un grand coup : il devenait le maître du jeu et "déscotchait" son parti du PS. Une façon de "sauver" un CDH bien mal en point. Avec sa stratégie machiavélique, c'est pourtant Olivier Maingain qui a tiré profit de la situation. La révolution Lutgen, elle, est restée au milieu du gué, avec un changement de majorité en Wallonie, mais le statu quo à Bruxelles et à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Surtout, le CDH semble plus que jamais déchiré entre les appels à la stabilité (avec le PS) du duo Milquet-Maystadt et la volonté réaffirmée de changement (avec le MR partout) de l'autre duo Lutgen-Cerexhe. L'électeur, visiblement, s'est perdu en chemin.

Voilà Benoît Lutgen devenu le valet puant de cette crise qu'il avait lui-même provoquée pour se grandir. Au sein du CDH, d'aucuns doivent quand même commencer à se demander s'il reste le bon capitaine pour mener le navire à bon port... Avec 8,7% en Wallonie et 5,8% à Bruxelles, le parti humaniste doit plus que jamais s'interroger sur son avenir.

Le Prince charmant, qui récolte les fruits de tout cela sans briller, c'est Charles Michel. Le Premier ministre, assisté par ses fidèles seconds Willy Borsus et Olivier Chastel, voit son parti dominer Bruxelles et la Wallonie. Un jackpot potentiel, qui donnerait la main aux libéraux du côté francophone si la situation se confirmait au soir du scrutin de 2019. Mais une victoire à la Pyrrhus : avec 19,8% dans la capitale et 21,4% en Wallonie, le MR ne peut se glorifier d'un score astronomique et doit quand même se demander comment il ne tire pas davantage profit de son pouvoir quasi absolu. En réalité, il profite surtout de la faiblesse du PS (quatrième à Bruxelles avec 12,1%) et deuxième en Wallonie avec 19,4%). Pas de quoi pavoiser...

S'il est une autre personnalité qui doit se poser des questions, c'est bien Paul Magnette. L'ancien ministre-président wallon, retourné sur ses terres de Charleroi, reste la personnalité la plus populaire de Wallonie - mais pour combien de temps ? C'est la preuve, peut-être, qu'il disposait du potentiel pour tenter une autre alternative politique. À trop attendre, parfois, on se fait voler la vedette...

Notons enfin que ce Stratego politique ne tient pas compte des nouvelles initiatives citoyennes, ni de la colère qui gronde. L'abstention, au fond, pourrait être le véritable vainqueur des scrutins à venir.

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