Le retour de réfugiés rohingyas en Birmanie débutera en janvier, selon Dhaka et Rangoun

19/12/17 à 15:50 - Mise à jour à 15:53

Source: Belga

(Belga) Dhaka et Rangoun ont réaffirmé mardi leur volonté de commencer à rapatrier en Birmanie à partir du mois de janvier des Rohingyas ayant fui vers le Bangladesh, mais les préoccupations quant à leur sécurité persistent.

Les ministres des Affaires étrangères des deux pays se sont rencontrés mardi à Dhaka pour finaliser un accord signé le 23 novembre sur le retour volontaire de près des trois quarts du million de réfugiés rohingyas qui vivent actuellement dans des camps au Bangladesh. Un nouveau groupe de travail ayant pour objectif "d'assurer le début du rapatriement d'ici deux mois" devra établir un calendrier pour procéder à la vérification de l'identité des réfugiés et organiser leur retour, a indiqué le ministre des Affaires étrangères du Bangladesh à la presse. "Nous commençons la prochaine étape de notre travail", a déclaré A.H. Mahmood Ali à l'issue de la rencontre. En dépit de cette volonté affichée par les deux pays voisins, des interrogations sur la sécurité des réfugiés qui rentreraient en Birmanie demeurent, alors que selon l'ONG Médecins sans frontières près de 7.000 Rohingyas ont été tués entre fin août et fin septembre et que l'ONU a accusé le régime birman "d'épuration ethnique". Environ 655.000 Rohingyas auraient fui la Birmanie et trouvé refuge au Bangladesh depuis le mois d'août. Mais un rapport publié lundi par Human Rights Watch, sur la base d'images satellite, affirme que des violences ont continué en octobre et novembre dans une quarantaine de villages rohingyas qui ont été incendiés. Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU Zeid Ra'ad Al Hussein a affirmé lundi n'avoir aucune assurance sur la présence d'observateurs internationaux pour surveiller les conditions dans lesquelles les retours s'effectueront. Human Rights Watch a estimé que l'accord sur le rapatriement n'était qu'un "exercice de relations publiques" et a estimé que les réfugiés ne seraient pas en sécurité dans l'Etat de Rakhine, d'où ils sont majoritairement originaires, sans protection ni droits garantis. Les autorités birmanes ont toujours démenti avoir commis des atrocités contre les Rohingyas, affirmant que l'armée n'avait fait que répondre à des attaques de rebelles musulmans contre des postes de police le 25 août, qui ont fait une douzaine de morts parmi les policiers. (Belga)

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