Le Québec vient au secours d'un groupe de journaux régionaux

14/12/17 à 23:03 - Mise à jour à 23:04

Source: Belga

(Belga) L'éditeur de presse canadien Capitales Média, propriétaire de six journaux régionaux au Québec, a obtenu jeudi l'aide du gouvernement de la province francophone pour financer sa transition du papier vers des plateformes numériques.

La ministre québécoise de l'Economie Dominique Anglade a annoncé que la société Investissement Québec, bras financier des pouvoirs publics, allait allouer un prêt de 10 millions de dollars canadiens (6,7 millions d'euros) à Groupe Capitales Média. Ce groupe de presse écrite a engagé un plan de transformation numérique d'environ 26 millions de dollars afin de "se positionner en tant que diffuseur de contenus régionaux sur des plateformes numériques en constante évolution", a annoncé la ministre. Capitales Média a été créé en 2015 par l'ancien ministre libéral canadien Martin Cauchon en recevant de Gesca, contrôlé par les frères Desmarais, six quotidiens: Le Soleil (de la ville de Québec), Le Nouvelliste (Trois-Rivières), Le Droit (Ottawa et Gatineau), La Tribune (Sherbrooke), Le Quotidien (Chicoutimi) et La Voix de l'Est (Granby). Gesca avait alors gardé uniquement le quotidien La Presse qui a depuis arrêté la distribution de son journal papier pour sortir chaque nuit une édition entièrement numérique sur la plateforme La Presse+. Pierre Karl Péladeau, patron du groupe de médias Québecor, a vu dans le "sauvetage du groupe de presse de Martin Cauchon Capitales Médias par le gouvernement" du premier ministre libéral Philippe Couillard une manoeuvre électoraliste. Avec des élections au Québec dans moins d'un an, "comment le gouvernement peut-il justifier une préférence pour certains médias?", s'est interrogé M. Péladeau en doutant que le Québec vienne au secours de certaines stations régionales de sa télévision TVA qui "perdent de l'argent". Pascale St-Onge, présidente du syndicat FNC-CSN représentant une majorité des 400 salariés de Capitales Média, s'est félicitée jeudi du prêt du gouvernement qui "contribue à maintenir à flot un groupe en difficultés financières". Ce geste marque la reconnaissance par le gouvernement du Québec d'une "situation préoccupante pour la presse écrite". (Belga)

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