Le PS veut une Belgique nouvelle

27/04/11 à 12:53 - Mise à jour à 12:53

Source: Le Vif

Le président du PS, Elio Di Rupo, a répété mardi le credo des socialistes francophones en matière de réforme de l'Etat au cours d'un débat avec l'ex-conciliateur Johan Vande Lanotte (sp.a): la Belgique nouvelle doit être fondée sur trois Régions à part entière.

Le PS veut une Belgique nouvelle

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"Nous sommes pour un pays fondé sur trois Régions prospères qui acquièrent des compétences importantes avec un Etat fédéral, certes amaigri, mais pérenne et durable", a-t-il expliqué devant les étudiants de l'Université libre de Bruxelles (ULB).

Selon lui, il doit s'agir de Régions à part entière, y compris à Bruxelles. A propos de cette dernière, il estime qu'il faut consolider son caractère multilingue et refuser tout renforcement des sous-nationalités.

Un nouvel équilibre

Devant une identité flamande clairement affirmée, le président du PS a appelé Wallons et Bruxellois à renforcer leur sentiment d'appartenance de manière à créer un nouvel équilibre au sein de la Belgique et à stabiliser celle-ci.

"Nous avons intérêt à renforcer les identités des Bruxellois et des Wallons avec des projets concrets qui montrent qu'il y a une amélioration du niveau de vie. En tant que francophones, il nous faut un peu plus de fierté, comme Wallons et comme Bruxellois", a-t-il dit.

Aux yeux de M. Di Rupo, il importe également que chacun soit clair sur les objectifs d'une nouvelle réforme de l'Etat. "Si la finalité de la 6e réforme de l'Etat, c'est préparer l'indépendance de la Flandre, ça risque de durer longtemps! ", a-t-il averti.

Mea culpa

Le président du PS n'a pas caché que les partis francophones s'étaient trompés en 2007 en ne prenant pas la juste mesure de l'évolution des mentalités en Flandre. "Quand nous avons dit que nous n'étions demandeurs de rien, nous avons commis une erreur", a-t-il souligné.

Et d'ajouter qu'aujourd'hui, certains partis flamands commettaient la même erreur alors que les francophones sont prêts à franchir des étapes importantes.

Johan Vande Lanotte a plaidé quant à lui pour une "Union belge", fondée sur quatre entités qui ont chacune leurs missions. D'après lui, il faut oublier les vocables de Région et de Communauté, reflets d'une réalité ancienne dans laquelle les Wallons voulaient développer leur économie et les Flamands protéger leur culture. "C'est comme cela que l'on a construit l'Etat fédéral. Ca tenait la route alors. Aujourd'hui, ça ne tient plus la route", a-t-il affirmé.

Pour réussir cette Union, deux piliers doivent être érigés: l'un de solidarité, difficile à faire admettre en Flandre, et l'autre de territorialité, qui n'est pas une chose facile pour les francophones.

L'ancien vice-premier ministre et président des socialistes flamands a appelé les francophones à ne pas bloquer une réforme au nom de leurs peurs. "Chaque fois que l'on a fait quelque chose basé sur la crainte, cela a échoué", a-t-il lancé, en rappelant quelques épisodes de l'histoire communautaire belge.

Le Vif.be, avec Belga

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