Le programme de la N-VA sème la confusion en Flandre

03/09/13 à 11:00 - Mise à jour à 11:00

Source: Le Vif

Les déclarations de Siegfried Bracke (N-VA) dans le quotidien De Standaard ce week-end suscitent de vives réactions en Flandre. L'ex-journaliste de la VRT a en effet déclaré que son parti serait prêt à entrer au gouvernement fédéral sans garantie de réforme de l'état si la priorité est accordée au volet socio-économique. Ce changement de cap du parti nationaliste a surpris plus d'un observateur en Flandre.

Le programme de la N-VA sème la confusion en Flandre

© Belga

Les propos de Bart De Wever à l'égard de son collègue Bracke ne constituent pas vraiment un rappel à l'ordre : "Siegfried est un peu audacieux et s'est exprimé sans y être invité". Le président des nationalistes flamands a précisé que "le changement de cap n'avait pas encore été décidé au sein de leur formation" en ajoutant toutefois qu'il souhaite des garanties que le confédéralisme se concrétise par la suite.

Siegfried Bracke s'est excusé dimanche sur les ondes de la VRT en expliquant qu'il "avait parlé sans y avoir été invité" de la nouvelle stratégie de la N-VA. Il assure cependant que la N-VA n'a pas renoncé au confédéralisme puisqu' "on ne peut pas résoudre les problèmes socio-économiques, sans s'attaquer également à la structure".

Contrairement à De Wever, d'autres membres de la N-VA se sont distanciés des propos du député gantois. Le vice-président du parti, Ben Weyts, a déclaré au Standaard: "Nous avons été pris de vitesse. Je ne sais pas ce qui a pris à Siegfried". Frieda Brepoels, ancienne députée européenne, a quant à elle carrément déclaré que sans confédéralisme "autant voter pour un autre parti".

Toutes ces déclarations contradictoires sèment la confusion dans l'esprit des électeurs pour qui le programme de la N-VA devient difficile à cerner. Selon Yves Desmet, le rédacteur en chef du journal De Morgen les deux objectifs de la N-VA, le confédéralisme et une politique économique de droite, ne sont pas compatibles. Le parti, dont l'électorat se compose à la fois d'anciens adeptes du Vlaams Belang, de nationalistes flamands plus classiques et d'électeurs de droite pour qui la structure du pays ne présente aucune importance du moment que leur portefeuille soit bien garni, ne pourra jamais continuer à contenter ses trois groupes d'électeurs.

Bart Brinckman, rédacteur au Standaard, estime qu'"un accord confédéral combiné avec un gouvernement socio-économique demeure nécessaire pour conserver l'unité au sein du parti" tout en soulignant que la position de la N-VA reste vulnérable. Et selon lui, l'attitude de la N-VA à l'égard du PS n'est pas claire. Le parti ne veut pas du parti de Di Rupo dans le gouvernement fédéral alors qu'il est indispensable pour un accord communautaire pour lequel il faut une majorité des deux tiers.

Entre-temps, Siegfried Bracke vient de commencer un road-show à travers la Flandre intitulé 'Café bij Bracke en vrienden'. Le député s'arrêtera dans seize villes et villages flamands pour y esquisser "l'état du pays"qu'il dépeint de façon extrêmement sombre et expliquer les améliorations que pourrait apporter la N-VA.

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