17/12/12 à 10:53 - Mise à jour à 10:53

Le problème Hollande

François Hollande ne torpille pas seulement l'économie française, il pèse aussi de plus ne plus négativement sur les développements européens.

Le problème Hollande

© Reuters

Nicolas Sarkozy avait vite compris que la chancelière allemande Angela Merkel marquait le rythme des discussions autour de la crise européenne. En bons termes avec Merkel, Sarkozy pouvait régulièrement faire son numéro et attirer l'attention sur lui. Merkel lui concédait ses moments de gloire qui lui permettaient à elle de rester dans l'ombre quand ça l'arrangeait. Le tandem Merkel/Sarkozy fonctionnait et le terme Merkozy était devenu un concept.

Le nouveau président François Hollande a une autre approche que Sarkozy. Il considère toujours la France comme égale et même un peu supérieure à l'Allemagne. Le comportement de Hollande aigrit les relations entre les deux politiques qui devraient marcher ensemble à la tête de l'Europe. Les milieux gouvernementaux allemands nous apprennent qu'il en coûte de plus en plus à Merkel de ne pas montrer son aversion personnelle et intellectuelle vis-à-vis du président français de manière trop ostentatoire. La façon dont elle a rejeté la proposition de Hollande de garder les "investissements porteurs de l'avenir" en dehors des budgets lors des derniers pourparlers européens, en dit long.

L'irritation de la chancelière augmente au fur et à mesure que Hollande s'érige en porte-parole des pays qui souhaitent que l'Allemagne ouvre davantage son portefeuille au nom de la solidarité. En outre, l'économie française recule de plus en plus par rapport à l'économie allemande. Aux yeux de Berlin, Paris est de moins en moins à la hauteur, autant en termes de croissance, d'emploi et d'export qu'en gestion des finances publiques.

D'après nos sources à Berlin, Hollande ne semble pas réaliser que la popularité de Merkel en Allemagne est liée au fait que la plupart des Allemands voient Merkel, beaucoup plus que l'opposition socialiste, comme gardienne solide des intérêts allemands dans le cadre de la crise européenne. En s'opposant continuellement à Merkel et en plaidant des mesures qui coûteraient beaucoup d'argent à l'Allemagne, Hollande pousse les Allemands toujours plus dans les bras de Merkel que dans ceux de ses homologues du SPD. Merkozy a disparu et Merlande semble mal parti.

Johan Van Overtveldt

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