Le problème de luxe de Charles Michel: a-t-il assez de candidats ministres ?

31/07/14 à 16:12 - Mise à jour à 16:12

Source: Le Vif

Si gouvernement suédois il y a, le président du MR n'aura pas à se plaindre du nombre de ministres qu'il aura dans son escarcelle. Mais le parti a-t-il assez de candidats suffisamment forts et susceptibles de reléguer aux oubliettes le nom de coalition kamikaze ? Quinze noms circulent.

Le problème de luxe de Charles Michel: a-t-il assez de candidats ministres ?

© Belga

En tant qu'unique parti francophone de la coalition suédoise, le MR fournira tous les ministres francophones. On ne sait pas encore exactement combien il y aura, mais qu'un seule formation fournisse 6 ou 7 ministres est extrêmement rare, même dans une configuration de type kamikaze.

Un problème de luxe reste un problème S'il va contenter un grand nombre de membres de son parti, la vraie question est de savoir s'il a assez de bons candidats ministres dans ses rangs. En effet, les ministres MR devront expliquer seuls les mesures d'économie s'élevant à 17 milliards. Le Mouvement Réformateur devra aussi affronter 5 ans durant une opposition composée du PS, Ecolo, cdH et PTB. Et ce, aussi bien à la Chambre que sur les plateaux de télévision. Jusque dans le gouvernement, les excellences du MR devront faire cavalier seul puisque, même s'ils sont membres d'une même coalition, la N-VA, le CD&V et l'Open VLD restent des partis flamands avant tout.

15 noms circulent Pour commencer, il y a bien sûr Charles Michel lui-même et Didier Reynders. Ce dernier est même incontournable. La preuve en est que s'il est à nouveau ministre dans la coalition suédoise, il sera le seul homme politique avoir été ministre sans interruption durant ces quinze dernières années.

Clan Reynders vs clan Michel

Que les deux hommes soient dans un même gouvernement n'est pourtant pas une évidence puisque les luttes intestines entre les ténors du parti l'ont divisé en deux clans. Par ailleurs, Reynders est vice-Premier ministre et lui refuser ce poste dans le prochain gouvernement n'est pas une option. Charles Michel devrait alors se contenter d'une fonction moins prestigieuse. En réalité, selon Pascal Delwitte, politologue à ULB et interrogé par L'Echo, c'est "une perspective peu réjouissante pour Michel : peu de leviers au fédéral et partout ailleurs dans l'opposition".

Cela arrangerait bien Michel de pouvoir propulser Reynders à l'Europe en tant que commissaire. Reynders est déjà candidat au côté de Marianne Thyssen et Karel De Gucht (Open VLD) qui aimerait prolonger son mandat.

Le plus logique serait de commencer la valse des sollicitations par les deux membres du MR qui étaient dans le précédent gouvernement : Olivier Chastel et Sabine Laruelle. Sauf que cette dernière a annoncé en 2013 qu'elle quittait la politique pour éviter de faire le mandat de trop.

Les autres facteurs dont doit tenir compte Michel sont l'ancrage géographique des candidats et la répartition des sexes.

En tenant compte du critère géographique, Michel pourrait choisir à Bruxelles le bourgmestre d'Etterbeek Vincent De Wolf, Armand de Decker et Françoise Schepmans. De Decker a l'expérience, mais n'est pas franchement un signe de renouveau. Et Schepmans semble indispensable à Molenbeek, selon L'Echo. A Liège, c'est Daniel Bacquelaine (clan Reynders) qui pourrait avoir sa chance. Tout comme l'avocate et parlementaire wallonne Christine Defraigne. Denis Ducarme et Jacqueline Galant pourraient représenter la région de Mons-Charleroi. Jean-Luc Crucke, surnommé der pantzer, et Marie-Christine Marghem pourraient représenter l'ouest du Hainaut. Sauf que Crucke, bourgmestre de Frasnes-lez-Anvaing, a plus un profil wallon que fédéral. Pour la région de Namur et du Luxembourg, le nom le plus souvent cité est celui de Willy Borsus. Mais le MR a-t-il vraiment envie de perdre son leader de l'opposition ?

La surprise du chef

Charles Michel peut tout aussi bien venir avec un candidat surgi de nulle part. Comme l'avait fait la N-VA en 2009 avec Philippe Muyters qui a quitté le VOKA pour devenir ministre. Ou encore un come-back surprise. Dans cette hypothèse, certains annoncent que Louis Michel, l'éminence grise du MR, pourrait être à nouveau sur les rangs. Et ce pour garder un oeil sur Reynders et couvrir le flanc plus à gauche du MR.

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