Le président Van Rompuy crise sur la Grèce

01/07/15 à 12:16 - Mise à jour à 12:16

Source: Le Vif

La menace d'un Grexit fait sortir le président CD&V de la commission parlementaire des Finances de ses gonds et de son élémentaire devoir de réserve. Sa charge contre l'opposition PS et Ecolo, coupable à ses yeux de soutenir la cause grecque, était parfaitement déplacée. Le bouillant Eric Van Rompuy assume son dérapage.

Le président Van Rompuy crise sur la Grèce

© Filip Van Roe

La crise grecque échauffe les esprits. Le CD&V Eric Van Rompuy en a furtivement perdu la tête. Connu pour son tempérament bouillonnant et sa liberté de ton, le député fédéral de la majorité apprend à se contenir et à se maîtriser lorsqu'il préside la commission des Finances de la Chambre. Il reste du boulot.

Hier, Eric Van Rompuy n'a pu résister à ses pulsions. Il n'a pu s'empêcher de mettre son grain de sel dans le bourbier grec que trois députés avaient mis à l'agenda de la séance parlementaire. Alors que l'échange verbal entre les élus et le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) s'achève selon les convenances en usage, le président de séance jette sa neutralité aux orties pour livrer sans détours sa façon de penser : "Je déplore que depuis la Belgique, le PS de Di Rupo se déclare solidaire du premier ministre Tsipras et marque son accord avec le "non" adressé aux institutions européennes. C'est surprenant pour un ancien premier ministre et pour un parti qui a toujours approuvé le sixpack et a toujours été solidaire avec le processus décisionnel à l'échelon européen. Monsieur Di Rupo est le seul socialiste en Europe à agir ainsi. Ecolo soutient aussi en partie le premier Tsipras. Je déplore que la voix de l'opposition belge semble être la voix de la Belgique en Europe."

Non mais, de quoi j'me mêle ? De ceci encore : "je veux clairement rappeler qu'une majorité de ce Parlement soutient le premier ministre et le ministre des Finances dans les événements de ces derniers semaines."

Voilà qui est dit. Et dit au mépris de tout règlement qui enjoint à un président de commission un strict devoir de neutralité et lui impose de ne pas prendre la parole dans ces circonstances. Eric Van Rompuy déclare benoîtement en être le premier conscient : "bon, j'ai déclenché la polémique, ce qu'un président n'a pas le droit de faire. D'accord, je sors de mon rôle."

Faute avouée à moitié pardonnée ? Stupéfaite d'entendre ainsi ses oreilles siffler, l'opposition francophone n'est pas restée sans voix. Sans l'élever outre mesure. "Ce type d'attitude n'est pas très respectable", s'émeut le député PS Stéphane Crusnière. "J'apprécie votre liberté de parole, mais là, c'est effectivement limite", renchérit Georges Gilkinet pour Ecolo. L'incident est clos. Et ne devrait pas atteindre le stade du rappel à l'ordre.

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