Le président slovaque ne se représentera pas en 2019

15/05/18 à 23:29 - Mise à jour à 23:36

Source: Belga

(Belga) Le président slovaque Andrej Kiska a annoncé mardi qu'il ne se représenterait pas en 2019, pour raisons familiales, tandis que ses adversaires politiques suggèrent qu'il avait dépassé le seuil autorisé des dépenses électorales lors de sa campagne en 2014.

Kiska, homme d'affaires millionnaire, qui s'était présenté comme candidat libéral indépendant, avait alors battu l'ancien Premier ministre de gauche Robert Fico, leader du parti social-démocrate Smer, au pouvoir à Bratislava. "Je ne briguerai pas la présidence une deuxième fois", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à la télévision, ajoutant qu'il voudrait passer plus de temps avec sa famille. Le chef de l'Etat a fait cette annonce un jour après que M. Fico l'avait appelé à démissionner, l'accusant d'avoir dépassé le seuil légal de 132.775 euros fixé pour les dépenses de la campagne électorale. Une enquête fiscale de 2015, dont les résultats ont fait l'objet de fuites dans les médias l'année dernière, tendrait à montrer que la société KTAG avait payé 27.000 euros de moins que ce qu'elle devait au fisc, nourrissant l'hypothèse que cet argent a pu être utilisé pour la campagne de M. Kiska. "Il y a une grave présomption de dépassement du seuil légal via la société KTAG", a dit M. Fico aux journalistes lundi, ajoutant que si ce rapport est confirmé, M. Kiska "n'a pas d'autre choix que la démission". Les deux hommes se sont accrochés sur plusieurs front, y compris lors de la récente crise déclenchée par le meurtre du journaliste d'investigation Jan Kuciak. Abattu avec sa fiancée dans des conditions faisant penser à une exécution mafieuse, Kuciak s'apprêtait à publier un article sur la corruption impliquant des hommes politiques slovaques et la 'Ndrangheta, la mafia calabraise ayant des activités à travers le monde. Des manifestations de masse ayant suivi ce meurtre ont forcé M. Fico a démissionner, mais le nouveau gouvernement compte plusieurs membres de l'ancien et M. Fico, chef du parti au pouvoir, est considéré comme son leader en coulisse. (Belga)

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