Le Premier ministre irlandais Enda Kenny défendra les intérêts du pays

27/06/16 à 20:01 - Mise à jour à 20:01

Source: Belga

(Belga) Le Premier ministre irlandais Enda Kenny a assuré au Parlement, réuni lundi en session extraordinaire pour cause de Brexit, qu'il défendrait les intérêts de son pays lors des négociations de sortie du Royaume-Uni de l'Union européen.

"Je pense que tous les gouvernements sont d'accord pour dire que le Royaume-Uni a connu un tremblement de terre politique, dont les conséquences vont prendre un certain temps à être appréhendées", a déclaré M. Kenny, qui avait rappelé le Parlement vendredi après l'annonce du résultat du référendum britannique. "(L'enjeu de ce référendum) a toujours été plus important pour l'Irlande que pour tout autre pays de l'UE", a-t-il ajouté, soulignant que son pays allait désormais "considérer en priorité les questions politiques et stratégiques clés des conséquences pour l'Irlande du nord, la frontière et la zone de voyage commune" instaurée dans les années 1920 entre le Royaume-Uni et l'Irlande après l'indépendance de cette dernière. Il a toutefois admis qu'il serait compliqué d'envisager des procédures d'urgence tant que le flou régnera sur la future relation britannique avec l'UE. L'Irlande est particulièrement inquiète de la perspective du rétablissement des barrières douanières avec le Royaume-Uni, dont il espère qu'il pourra rester dans la zone de libre échange. Bien qu'elle ait diversifié ses partenaires commerciaux depuis son adhésion à l'UE en 1973, le Royaume-Uni reste le principal partenaire commercial de l'Irlande dans de nombreux domaines, dont l'agriculture. Ainsi, 52% du boeuf irlandais, 60% de ses fromages et 84% de sa volaille sont exportés vers le Royaume-Uni, avec laquelle les échanges s'élèvent à un milliard d'euros par semaine. Déjà la chute de la livre britannique depuis vendredi ont renchéri ces exportations. Près de 200.000 emplois dépendent des échanges avec le Royaume-Uni, troisième investisseur en Irlande derrière les Etats-Unis et l'Allemagne. Mais la relation ne se limite pas seulement aux échanges de biens et services: trois millions de touristes britanniques ont visité l'Irlande en 2013, avec des retombées financières de 819 millions d'euros. Se voulant rassurant, le directeur général de l'agence pour les investissements en Irlande, l'IDA, a estimé que l'Irlande pouvait aussi tirer son épingle du jeu du départ britannique de l'UE. "Il peut y avoir des opportunités pour l'Irlande en matière d'attractivité des capitaux étrangers", a déclaré Martin Shanahan, soulignant qu'être un pays anglophone, membre de la zone euro et avec une fiscalité attractive pouvait constituer un avantage. (Belga)

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