"Le positionnement de la N-VA menace le travail gouvernemental" (Eric Van Rompuy)

04/05/18 à 12:12 - Mise à jour à 12:11

Source: Belga

Le gouvernement va devoir réaliser de sérieuses économies dans le budget si nous voulons réduire le déficit structurel, a indiqué vendredi le député CD&V Eric Van Rompuy sur la VRT-Radio.

"Le positionnement de la N-VA menace le travail gouvernemental" (Eric Van Rompuy)

Eric Van Rompuy © Hatim Kaghat

"Il s'agira de prendre des décisions fondamentales, mais elles nécessitent de la confiance, et elle n'est pas là", a-t-il regretté. "En raison du positionnement des partis, particulièrement de la N-VA. Theo Francken a les sites d'information en ligne de mire, chaque jour une photo avec de nouvelles déclarations", se désole-t-il.

Eric Van Rompuy salue la nette baisse du taux d'endettement, annoncée juste au-dessus des 100% pour 2019, mais il évoque également la mise en garde de la Commission européenne sur une prochaine augmentation du déficit structurel. "Au lieu de prendre le chemin de l'équilibre, ce qui était l'objectif, la situation se dégrade à nouveau. C'est également ce que dit en Belgique le Conseil supérieur des Finances", commente le président de la commission des Finances de la Chambre.

Pour l'élu CD&V, cela est dû en partie au Tax Shift. "Il a été positif pour l'économie, mais il n'a pas été complètement financé, ce qui explique, pour partie, que le déficit s'aggrave à nouveau, ce à quoi nous ne nous attendions pas il y a quelques mois. Deuxième élément: la réduction du déficit de 3 à 1% (en 2017, NDLR) a été permise pour moitié grâce au niveau particulièrement bas des taux d'intérêt, à une meilleure conjoncture et à une amélioration de la situation de l'emploi. Si les taux remontent et que la conjoncture se dégrade, le budget connaîtra de nouveaux problèmes structurels", a-t-il prédit.

Le Conseil supérieur des Finances préconise un effort de 4 à 5 milliards d'euros en 2019-2020 pour rencontrer l'objectif de retour à l'équilibre. "Je dirais même 6 milliards d'euros", précise Eric Van Rompuy. "Notre mission, me semble-t-il, est de poursuivre l'assainissement au nom des générations futures", estime le député démocrate-chrétien. "Il revient au gouvernement de laisser un héritage à ceux qui nous succèderont. Plus nous attendrons pour revenir à l'équilibre, plus ce sera difficile. Il faudra bien que quelqu'un paie ces déficits un jour", ajoute-t-il.

Cela nécessite de prendre des décisions difficiles mais franchir ces écueils n'est pas évident à l'approche d'échéances électorales, poursuit M. Van Rompuy. "Les élections communales pèsent, plus qu'auparavant, sur la politique nationale. Il suffit d'ouvrir les journaux tous les jours pour constater comment les partis se profilent. Certainement la N-VA qui continue à réussir, jour après jour, à faire la Une. Il s'agit d'un parti qui utilise la politique gouvernementale pour se profiler. Et cela porte atteinte à la confiance", a-t-il conclu.

Nos partenaires