Le point sur les droits des réfugiés qui arrivent en Belgique

27/08/15 à 19:01 - Mise à jour à 20:32

Source: Belga

Les réfugiés ne disposent pas exactement des mêmes droits que les citoyens belges qui "ont contribué toute leur vie au système". "Ils ne bénéficient que de droits résiduels", précise Andrea Rea, sociologue à l'ULB, en réaction aux propos tenus par le président de la N-VA, Bart De Wever, mercredi soir dans l'émission Terzake.

Le point sur les droits des réfugiés qui arrivent en Belgique

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A leur arrivée, les réfugiés reconnus n'ont en effet pas droit aux allocations de chômage, "et ne sont en aucun cas prioritaires pour obtenir un logement social", ajoute Malou Gay, co-présidente du CIRé (Coordination et Initiatives pour Réfugiés et Etrangers).

Tous deux pointent premièrement l'inexactitude des propos du bourgmestre d'Anvers. "Les réfugiés n'ont accès qu'aux droits résiduels", en ce compris le revenu d'intégration sociale, relève Andrea Rea. De plus, "ils ne sont pas nombreux à bénéficier d'un logement social, puisqu'il en existe très peu". "Et ils ne seront en aucun cas prioritaires, mais bien traités à la même enseigne que n'importe quel Belge", souligne Malou Gay.

Pour Andrea Rea, la sortie de De Wever se rapproche clairement de l'extrême-droite et vise à "faire peur à l'opinion publique". "C'est une communication populiste", renchérit Malou Gay. "On rajoute de l'huile sur le feu à une situation déjà difficile en créant des amalgames. On ne va pas faire des catégories de personnes", ajoute-t-elle. Comme tous les bénéficiaires du revenu d'intégration, les réfugiés reconnus ont ainsi l'obligation de chercher un emploi et de participer à l'économie du pays.

Des propos "illégaux"

Une réalité bien intégrée, selon une étude menée par l'ULB et la KU Leuven; puisque quatre ans après l'obtention du statut de réfugié, seuls 25% des 108.856 personnes suivies pendant 10 ans continuaient à bénéficier du revenu d'intégration. Une sur deux avait entre-temps trouvé du travail, 13% touchaient des allocations de chômage - impliquant donc un passage par le marché de l'emploi et une participation active à l'économie du pays -, les 19 autres pour cent étant en retrait du marché du travail - majoritairement des femmes au foyer. "Une distribution quasi identique à celle de la Belgique en général", rappelle Andre Rea.

Les propos de Bart De Wever, qui a plaidé mercredi pour un statut spécial pour les réfugiés, sont également "illégaux", selon les deux spécialistes. "Cela n'a aucun sens et contredit toutes les conventions et directives" auxquelles la Belgique est partie, rappelle le sociologue. Mais moralement aussi, les mots posent question. "On ne peut pas nier que ces personnes ont fui la guerre, qu'elles ne sont certainement pas ici par choix", s'insurge la co-présidente du CIRé. Le sociologue y voit lui l'expression d'un égoïsme généralisé, "indigne de la culture et des valeurs sur lesquelles a été fondée l'Union européenne".

La sortie de l'homme fort de la N-VA a été largement critiquée jeudi, les partis de l'opposition dénonçant entre autres "une provocation méprisante et abjecte". Les partis de la majorité ont par contre peiné à parler d'une seule voix. Si le MR et le CD&V ont dit s'en tenir à la politique de gouvernement, "ferme et humaine", l'Open VLD a lui relevé l'intérêt du débat. "Notre sécurité sociale n'est pas prévue pour accueillir des grands flux de migrants ou de réfugiés venant d'Europe ou d'au-delà de l'Europe. Il vaut mieux trouver une meilleure approche que de donner naïvement de l'argent et se dire que l'on a soulagé sa conscience", a notamment déclaré la président du parti, Gwendolyn Rutten.

Theo Francken, grand absent de l'espace public jeudi, avait retweeté le passage de Bart De Wever plus tôt dans la journée.

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