Le point sur les communes flamandes qui ont rompu le "cordon sanitaire"

03/01/13 à 19:42 - Mise à jour à 19:42

Source: Le Vif

Le "cordon sanitaire" - qui veut depuis 1992 qu'aucun parti flamand ne s'allie au Vlaams Belang pour gouverner, quel que soit le niveau de pouvoir - semble bien avoir été rompu dans une demi-douzaine de communes de Flandre, où les voix des partis traditionnels, ainsi que dans une large mesure des nationalistes de la N-VA, ont permis mercredi soir l'élection de membres du parti d'extrême droite dans plusieurs conseils de police, voire de CPAS.

Le point sur les communes flamandes qui ont rompu le "cordon sanitaire"

© Belga

Tant à Liedekerke (en Brabant flamand), qu'à Westerlo et Zandhoven (province d'Anvers) et à Buggenhout et Lebbeke (Flandre orientale), au moins un candidat du Vlaams Belang a été élu au sein du conseil de police. Alors qu'à Denderleeuw (Flandre orientale), le VB, en position d'arbitre, pourrait apporter son soutien de l'extérieur à une coalition communale composée du CD&V et de la N-VA.

Premier à révéler le résultat des scrutins de mercredi soir, l'ancien secrétaire d'État CD&V, Etienne Schouppe, qui préside le conseil communal de Liedekerke, a affirmé que le "cordon sanitaire" avait été rompu dans sa commune. "C'est exact qu'une liste commune réunissant l'Open Vld et le Vlaams Belang a été déposée pour le conseil de police à Liedekerke. Cette liste est d'ailleurs soutenue par la N-VA. Pour le conseil du CPAS, je constate à nouveau que l'Open Vld et le Vlaams Belang ont soutenu les candidats de la N-VA. Des accords ont donc été conclus pour ce qui concerne les conseils de police et du CPAS", a-t-il déclaré, confirmant des propos tenus à la VRT-radio.

Une situation similaire s'est produite à Zandhoven, selon le bourgmestre de cette commune de la province d'Anvers, Luc Van Hove (CD&V). Selon lui, la N-VA a, lors du scrutin à bulletins secrets pour désigner mercredi soir les membres du conseil de police de la commune, voté "massivement" pour un élu du parti d'extrême droite. M. Van Hove (CD&V) a même fait état de directives provenant d'"au-dessus du niveau local" qui auraient été données par la direction de la N-VA. Ce qu'a démenti la tête de liste du parti nationaliste, Geert Van Laer, tout en estimant qu'il est "très bien" que les électeurs du Vlaams Belang disposent maintenant d'un représentant au sein du conseil de police de Zandhoven.

A Westerlo, les écologistes de Groen ont accusé le cartel Open Vld-sp.a-Positief Westerlo d'avoir conclu un accord avec le Vlaams Belang pour permettre l'élection de Dora Weckhuysen, l'épouse d'un élu libéral, Frans De Cock, au conseil de CPAS. M. De Cock a démenti tout pacte avec le parti d'extrême droite pour une permutation en cours de mandat.

En Flandre orientale, tant à Buggenhout qu'à Lebbeke, un mandataire VB a été élu au conseil de police, respectivement avec le soutien du CD&V et de la N-VA, selon le porte-parole régional du parti, Steven Creyelman, qui a lui-même bénéficié de cet appui pour être désigné au sein du conseil de police.

En ce qui concerne Denderleeuw (Flandre orientale), la présidente de l'Open Vld, Gwendolyn Rutten, a dit jeudi craindre le chaos et le vide de gestion dans la commune si le Vlaams Belang devait apporter son soutien de l'extérieur à une coalition communale.

Dans un "chat" sur le site du Standaard Online, la nouvelle présidente des libéraux flamands a dit redouter une situation comparable à celle du premier gouvernement de Mark Rutte aux Pays-Bas, soutenu de l'extérieur par le parti extrémiste de Geert Wilders avant de chuter. "Des situations à la Wilders à Denderleeuw, ce serait insensé", a commenté Mme Rutten.

La N-VA, par la voix du ministre flamand des Affaires intérieures Geert Bourgeois, s'est déjà érigée contre le principe d'un soutien extérieur du parti extrémiste. Le président du CD&V, Wouter Beke, a quant à lui confirmé que son parti ne conclurait pas d'accord de majorité avec le VB.

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