Le Nobel de Littérature dans la tourmente #MeToo: Jean-Claude Arnault jugé pour viol

12/06/18 à 14:47 - Mise à jour à 14:50

Source: Belga

(Belga) Le scandale a provoqué l'implosion de l'Académie suédoise et le report du Nobel de littérature 2018: Jean-Claude Arnault, un Français accusé en plein scandale #MeToo par plusieurs femmes de les avoir agressées en usant de son influence sur la scène culturelle suédoise, va être jugé pour viol, a annoncé mardi le parquet suédois.

Marié à une membre de l'Académie suédoise, institution plus que bicentenaire qui décerne le prix Nobel de littérature, Jean-Claude Arnault, 71 ans, répondra du viol à deux reprises d'une femme à Stockholm en 2011, des faits qu'il récuse mais pour lesquels le ministère public estime disposer de témoignages crédibles, à défaut de preuves matérielles. "Les éléments de preuve dans ce dossier sont solides et suffisants pour une mise en accusation", synonyme d'un renvoi devant un tribunal, a expliqué à l'AFP la procureure Christina Voigt, qui invoque des témoignages indirects corroborant le récit de la victime. La date du procès n'a pas été fixée. Selon l'ordonnance de renvoi consultée par l'AFP, M. Arnault a contraint la plaignante, plongée dans un état "de peur intense", à un rapport oral et vaginal dans un appartement stockholmois le 5 octobre 2011, puis de l'avoir de nouveau violée dans la nuit du 2 au 3 décembre alors qu'elle dormait. En novembre, en pleine campagne #MeToo, M. Arnault avait été dénoncé dans le quotidien de référence Dagens Nyheter par 18 femmes affirmant avoir subi des violences ou avoir été victimes de harcèlement sexuel de sa part. Jean-Claude Arnault avait aussitôt clamé son innocence par la voix de son avocat mais l'Académie suédoise avait rompu tout lien avec lui et son centre culturel Forum qu'elle arrosait de subsides depuis de longues années. Le parquet avait ouvert une enquête sur la foi de ces dénonciations. Mi-mars, il avait annoncé qu'une partie des investigations concernant des viols et agressions commis en 2013 et 2015 avait été classée sans suite pour cause de prescription ou faute de preuves. Dans un courrier électronique à l'AFP, l'avocate de la victime a indiqué que sa cliente était "soulagée et satisfaite du renvoi" de son agresseur présumé. L'avocat de M. Arnault, Björn Hurtig, n'avait pas immédiatement répondu aux sollicitations de l'AFP. (Belga)

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