Le Musée juif rouvre ses portes quatre mois après l'attentat ayant fait quatre morts

14/09/14 à 15:52 - Mise à jour à 15:52

Le Musée juif de Belgique a rouvert ses portes dimanche, rue des Minimes à Bruxelles, près de quatre mois après l'attentat du 24 mai qui avait coûté la vie à quatre personnes. Le directeur du musée, Philippe Blondin, a tenu à faire passer un message clair dimanche à l'occasion de cette réouverture "à tous ceux qui prônent l'obscurantisme, la haine, l'ignorance et la barbarie": "nous sommes plus que jamais debout."

Le Musée juif rouvre ses portes quatre mois après l'attentat ayant fait quatre morts

© BELGA

"Ceux qui s'attaquent lâchement à un musée, ceux qui représentent la version la plus rétrograde de l'islam, ceux qui voudraient voir notre musée fermé, ceux qui tentent de tracer la voie à la victoire de l'obscurantisme, ceux qui prêchent la bêtise, la brutalité, l'ignominie, l'horreur indicible, qu'ils sachent que nous sommes plus que jamais debout", a déclaré Philippe Blondin devant les nombreuses personnes présentes.

Ému, le directeur a remercié les amis du musée pour toutes les marques de soutien reçues après le drame du 24 mai. Il a également remercié toutes les autorités pour les conseils et l'aide reçus.

Le samedi 24 mai, un homme armé d'une kalachnikov et d'un revolver, casquette vissée sur la tête, avait abattu de sang-froid quatre personnes, deux visiteurs et deux employés, au Musée juif de Belgique, en plein centre-ville, avant de prendre la fuite.

Avant le jour de l'attentat, le musée n'appliquait aucune mesure de sécurité particulière car l'institution culturelle se voulait un lieu de rencontre ouvert pour toutes les cultures. "Face à la barbarie, nous devons adapter cette vision humaniste", a poursuivi Philippe Blondin. "Mais nos valeurs fondamentales restent le courage, la citoyenneté, la gratitude et la générosité".

De son côté, le Premier ministre en Affaires courantes, Elio Di Rupo, a mis en avant l'"énorme choc" qu'ont créé "dans notre pays, comme dans toute l'Europe et le reste du monde" les événements tragiques du 24 mai. "Ce jour-là, quatre de nos frères et soeurs étaient tragiquement assassinés. Ce jour-là, des personnes et un lieu étaient pris pour cible parce que juifs. Ce jour-là, un espace culturel, d'échanges et d'ouverture, un lieu de civilisation était pris pour cible.

Ce jour-là, la haine des Juifs, la haine du vivre-ensemble, la haine des valeurs démocratiques a frappé dans toute son horreur", a poursuivi M. Di Rupo. Le Premier ministre en affaires courantes a encore affirmé que "ceux qui commettent des crimes antisémites ou racistes doivent être mis hors d'état de nuire" et s'est dit favorable, si la demande en est faite à la Belgique, "à ce que notre pays participe à la coalition des pays luttant contre l'Etat dit islamique".

La réouverture du musée a lieu ce dimanche à l'occasion de la Journée européenne de la Culture Juive. Un jour d'espoir, après le choc terrible de l'attentat, mais aussi un jour de fête, souligne-t-on au sein du Musée juif de Belgique.

L'auteur présumé de l'attentat, le franco-algérien Mehdi Nemmouche avait été arrêté le 30 mai à Marseille, avant d'être remis le 29 juillet par les autorités judiciaire françaises à la Belgique. Lors de son arrestation, il avait été trouvé en possession d'une kalachnikov, d'un revolver et d'une casquette similaire à celle portée par le tueur, filmé par des caméras de vidéo-surveillance. Inculpé d'assassinats dans un contexte terroriste, il a comparu ce vendredi devant la chambre du conseil de Bruxelles qui a ordonné la prolongation de sa détention pour trois mois. Le suspect n'a pas fait appel

de cette décision.

(Belga)

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