Le ministre des Finances accuse mais ne chiffre pas, s'étonne le PS

03/11/14 à 17:43 - Mise à jour à 17:43

Source: Belga

Le PS a regretté lundi les accusations du ministre des Finances Johan van Overtveldt le rendant coupable de "grosses erreurs" dans son estimation de l'impact du budget du gouvernement fédéral sur le pouvoir d'achat. Au Boulevard de l'Empereur, on s'étonne de cette attaque non chiffrée et on appelle à un débat en toute transparence.

Le ministre des Finances accuse mais ne chiffre pas, s'étonne le PS

Johan van Overtveldt, le ministre des Finances. © Belga

Pour arguer de sa bonne foi, le PS souligne avoir analysé les maigres données reçues au parlement "à horizon 2018", en vitesse de croisière donc. On indique également avoir tenu compte - même si on en doute - de la volonté du gouvernement d'opter dans ses mesures pour les options les plus égalitaires. C'est sur base de ce raisonnement que les techniciens de l'IEV ont notamment calculé l'augmentation de la déductibilité des frais forfaitaires sur la tranche d'imposition la plus basse. Il en résulte un gain moyen d'un peu plus de 250 euros par an comme annoncé par le gouvernement.

En ce qui concerne le saut d'index, le modèle choisi pour mesurer l'impact sur les salariés est très proche de celui développé par la CSC. Les pertes vont de 321 euros par an pour un chef d'équipe dans la construction gagnant 1.600 euros nets par mois à 463 euros pour un comptable avec dix ans d'ancienneté gagnant 2.300 euros nets par mois.

En ce qui concerne l'effet du saut d'index sur la pension minimum, l'analyse prend en compte l'affectation des 127 millions d'euros venant de l'enveloppe bien-être répartis équitablement (handicapés, pension minimum, allocations de chômage minimum...) Elle ne tient pas compte de la mesure d'économie née du transfert des allocations familiales. Pour ce calcul, les experts ont pris en compte la situation à politique inchangée (relèvement automatique des minimas bien-être depuis le 15 septembre) puis les mesures annoncées (saut d'index et 127 millions d'euros de revalorisation). A politique inchangée, la pension minimum serait passée de 1.123 euros à 1.168 euros, elle sera finalement de 1.154 euros, assure le PS. En ce qui concerne la pension moyenne pour une carrière complète, elle sera de 1.515 euros au lieu de 1.545 euros.

De la même façon, l'analyse socialiste fait ressortir que la hausse de la taxation de la consommation (accises, harmonisation TVA) affectera plus les revenus élevés (168 euros pour un chef d'équipe dans la construction gagnant 1.600 euros nets par mois et 241 euros pour un comptable avec 10 ans de d'ancienneté gagnant 2.300 euros nets par mois). Les techniciens admettent que les calculs donnent des moyennes qui ne tiennent pas compte du comportement individuel des consommateurs (tabac, usage du diesel...). Ils se sont inspirés d'une méthode de calcul du professeur de la KUL André Decoster sur les déciles TVA.

Le parti socialiste souligne avoir été le plus "généreux" possible dans son analyse sur base des éléments rendus publics. Il dit ne pas avoir pris en compte la taxation du capital soit parce que les mesures annoncées relèvent à son sens de la lutte contre la fraude (trusts) soit parce que celles-ci sont imprécises et peu valorisantes pour le budget.

Le MR parle d'enfumage

Les critiques du PS à l'égard du coût pour les citoyens des mesures décidées par le nouveau gouvernement relèvent de l'"enfumage", selon le MR. Les libéraux francophones accusent les socialistes de prendre des exemples "théoriques" et "caricaturaux", notamment quand ceux-ci parlent d'une augmentation des impôts de 195 euros par an.

"Sur base de quelle méthodologie crédible ? Faut-il considérer, comme le PS, que tous les travailleurs fument, boivent de l'alcool (à l'exception de la bière), ont recours à la chirurgie esthétique et rénoveront un logement qui a entre 5 et 10 ans? " a souligné le MR dans un communiqué.

Le MR rappelle l'objectif de création d'emplois du gouvernement fédéral afin de financer durablement la sécurité sociale. Quelque 2,5 milliards d'euros seront libérés d'ici 2018 pour soutenir le pouvoir d'achat, a-t-il rappelé, et l'enveloppe "bien-être" sera revalorisée pour soutenir pensions et allocations les plus basses. A terme, 80.000 emplois pourront être créés, a-t-il ajouté. "Notre véritable inquiétude réside dans les choix posés par le PS là où il gouverne: la suppression du bonus logement et des primes à l'énergie en Wallonie, l'augmentation des tarifs au TEC et à la STIB, l'augmentation du prix de l'eau, les réductions de déductibilité des titres-services et les nombreuses décisions attendues mais soigneusement tenues discrètes par les gouvernements wallons, bruxellois et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Je crains réellement que les Régions ne prennent d'une main ce que les ménages et les classes moyennes auront reçu de la main fédérale", a expliqué le président du parti, Olivier Chastel.

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