Rosanne Mathot
Rosanne Mathot
Journaliste
Opinion

07/11/16 à 10:15 - Mise à jour à 10:18

Le linguiste qui avait perdu sa langue

Le Café Geyser : un tiers de fiction, un tiers de dérision, un tiers d'observation. Et un tiers de réalité. Où il est question de flamandophilie exceptionnelle, d'un linguiste wallon, d'une épaule d'agneau et de chauve-souris kamikazes.

Sa fièvre était galopante. Pourtant, il était convaincu qu'il finirait bien par l'attraper. Par le cou, par les hanches, par la taille, par les cheveux ou par la langue même, s'il le fallait. D'ailleurs, à bien regarder les choses, pour faire passer sa fièvre à la casserole, quel meilleur endroit que ce café, avec son sol ciré, ses nappes blanches et ses petits geysers frais scintillant sur la terrasse ? Depuis son ablation des amygdales, quelques heures plus tôt, à Bastogne, Michel ne s'est pas encore aventuré à prononcer le moindre mot. Prudemment, la bouche et le front en feu, il se blottit près de la carafe d'eau fraîche, comme un vaincu. Il sent le naufrage et l'aban...

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