Le leader prokurde Demirtas pour la 1ère fois au tribunal en Turquie

12/01/18 à 16:21 - Mise à jour à 16:22

Source: Belga

(Belga) Le leader du principal parti prokurde de Turquie, Selahattin Demirtas, a comparu en personne devant un tribunal vendredi pour la première fois depuis son arrestation il y a plus d'un an, demandant sa remise en liberté conditionnelle.

M. Demirtas, écroué depuis novembre 2016 pour des accusations d'activités "terroristes", a été accueilli par les cris, les slogans et les applaudissements de ses supporters rassemblés par centaines devant le tribunal de Bakirköy, à Istanbul, a constaté une journaliste de l'AFP. Le co-président du Parti démocratique des peuples (HDP) comparaissait vendredi dans le cadre d'un procès pour "insulte" au président Recep Tayyip Erdogan, l'une des 96 procédures judiciaires dont fait l'objet cet avocat de formation âgé de 44 ans. Vêtu d'un costume noir et d'une chemise blanche, M. Demirtas est arrivé dans la salle d'audience en souriant, sous les cris de "président Selo", un surnom affectueux donné par ses partisans. Lors de son témoignage devant le tribunal, M. Demirtas a critiqué les procès intentés contre lui, affirmant notamment que son immunité parlementaire devrait le mettre à l'abri de poursuites. "Tout comme n'importe quel autre député du Parlement, j'ai l'immunité. J'ai autant l'immunité que (le Premier ministre) Binali Yildirim", a-t-il lancé. Lors de l'audience, M. Demirtas a demandé sa remise en liberté conditionnelle, mais, arguant qu'une telle requête devait être formulée par écrit pour pouvoir être "examinée dans le détail", le juge a renvoyé le procès au 17 mai. Le principal procès dont fait l'objet M. Demirtas se déroule à Ankara. Dans cette affaire, il est accusé notamment de "diriger une organisation terroriste" et risque jusqu'à 142 ans de prison. Le HDP, troisième force au Parlement, rejette ces accusations, dénonçant des procès "politiques" visant à réduire au silence un parti énergiquement opposé à M. Erdogan. Selon le HDP, neuf de ses 59 élus sont actuellement en prison. Et six d'entre eux ont également été déchus de leur mandat, dont la députée Leyla Zana, frappée par cette mesure jeudi. (Belga)

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