Le Kamikaze Rider voulait "attaquer la population belge comme à Paris"

12/09/16 à 17:47 - Mise à jour à 18:30

Source: Belga

Saïd Saouti est l'un des membres du club de motards qui avaient été accusés d'avoir planifié des attentats à Bruxelles fin décembre 2015.

Le Kamikaze Rider voulait "attaquer la population belge comme à Paris"

Le juge Pierre Hendrickx. © BELGA/Thierry Roge

Le juge Pierre Hendrickx a relu, lundi après-midi, les propos d'un témoin qui affirmait que Saïd Saouti "voulait attaquer la population belge comme à Paris, pour tuer un maximum de monde". Saïd Saouti et Mohamed Karay, tous deux membres du club de motards bruxellois Kamikaze Riders, sont prévenus devant le tribunal correctionnel de Bruxelles pour participation aux activités d'un groupe terroriste. Les enquêteurs les avaient suspectés d'avoir planifié des attentats à Bruxelles fin décembre 2015, mais cette prévention-là n'a pas été retenue lors du renvoi des deux individus devant le juge du fond.

Le juge a évoqué, lundi après-midi, les suspicions de menaces d'attentat dont a fait l'objet Saïd Saouti fin 2015, tout en précisant que cette prévention de menaces de commettre un attentat sur le sol belge n'avait pas été retenue.

Le magistrat a rapporté qu'un témoin avait affirmé que le prévenu "voulait attaquer la population belge comme à Paris, pour tuer un maximum de monde".

Saïd Saouti a répondu que ce témoin ne le connaissait pas, niant tout projet d'attentat. "On ne s'est jamais vu, on n'est pas ami", a-t-il dit.

"Le problème c'est que ces informations figuraient déjà dans un procès-verbal initial établi une dizaine de jours plus tôt par les enquêteurs", lui a ensuite rappelé le juge Pierre Hendrickx.

Ce dernier a également ajouté à l'attention du prévenu qu'une enquête de téléphonie avait montré que son GSM avait activé la même borne que celui de ce témoin, à une reprise au moins.

"Ce monsieur n'était pas le seul à dire que vous vous étiez radicalisé", a poursuivi le juge. "L'un de vos amis déclare qu'en juin 2015 il s'est éloigné de vous à cause des vidéos de propagande djihadiste que vous postiez sur Facebook. Il a raconté également que vous vous étiez laissé pousser la barbe et que vous aviez été renvoyé du restaurant où vous étiez employé pour avoir refusé de travailler avec des femmes", a-t-il exposé.

"J'ai lâché n'importe quoi sur internet. J'étais en colère par rapport à des injustices. On doit parfois presque s'excuser d'être musulman", a répondu le prévenu.

Lors de l'instruction d'audience, le juge Pierre Hendrickx a encore rappelé qu'en novembre et décembre 2015, peu après les attentats de Paris, Saïd Saouti avait diffusé via une page Facebook quatre vidéos d'un degré de radicalisation particulièrement élevé, notamment des discours de menaces d'attentats sanglants à l'encontre de la France et de l'Europe.

Enfin, le juge a également questionné le prévenu sur le fait que des personnes, venant de France ou de Belgique, lui demandait des conseils via cette page et le questionnait sur la lecture à donner à certains principes religieux.

"J'ai dit beaucoup de bêtises. Mais je n'ai en tout cas jamais tenu ce genre de discours ailleurs que sur internet", a répondu le prévenu.

Saïd Saouti et Mohamed Karay, membres du club de motards bruxellois Kamikaze Riders, sont poursuivis pour participation aux activités d'un groupe terroriste, en tant que dirigeant pour le premier et en tant que membre pour le second, et pour diverses autres infractions terroristes.

Les deux prévenus avaient aussi été suspectés d'avoir planifié une attaque terroriste à Bruxelles fin décembre 2015, mais cette prévention-là n'a pas été retenue pour le procès.

Les deux prévenus avaient été interpellés le 27 décembre 2015 à Bruxelles. Le parquet fédéral avait alors indiqué qu'il existait des indices sérieux laissant à penser que les deux hommes planifiaient une attaque, "dans le style des attentats à Paris". Parmi les cibles évoquées figuraient la Grand-Place de Bruxelles, le commissariat central de la police locale de Bruxelles-Ixelles ou encore des officiers militaires et de police en service à Bruxelles.

Le procès se poursuivra mardi.

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