Le journal Le Monde s'insurge de la détention de Florence Hartmann

28/03/16 à 13:53 - Mise à jour à 13:53

Source: Belga

(Belga) Ancienne porte-parole du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) et ex-correspondante dans les Balkans pour le quotidien français Le Monde, Florence Hartmann est détenue à La Haye depuis le 24 mars, alors qu'elle venait assister au procès de Radovan Karadzic. Le Monde appelle à cesser l'acharnement contre la Française.

Le journal Le Monde s'insurge de la détention de Florence Hartmann

Le journal Le Monde s'insurge de la détention de Florence Hartmann © BELGA

Florence Hartmann a été porte-parole pour le procureur général du TPIY Carla Del Ponte, de 2000 à 2006. En 2007, elle publie "Paix et Châtiment", un livre dans lequel elle révèle deux décisions confidentielles rendues par la cours d'appel du TPIY et concernant le procès de l'ex-président yougoslave Slobodan Milosevic. Selon Hartmann, ces décisions prouvent que le TPIY a conservé sous le secret des documents prouvant l'implication de l'État serbe dans le génocide de Srebrenica, en 1995. "La peine qui lui est infligée pour cette action de lanceuse d'alerte est totalement disproportionnée", a réagi le directeur du Monde Jérôme Fenoglio dans une brève en ligne. "(Notre journal) s'associe aux demandes de suspension de cette détention scandaleuse. L'acharnement contre Florence Hartmann doit cesser au plus vite." Hartmann a été condamnée par le Tribunal pour l'ex-Yougoslavie en 2009. L'ancienne correspondante avait refusé de payer une amende de 7.000 euros, commuée en sept jours de prison. Paris n'a pas souhaité transférer l'ancienne journaliste à La Haye, malgré la demande du tribunal. Hartmann a été arrêtée ce jeudi par des gardes du tribunal alors qu'elle attendait à l'extérieur du bâtiment où était jugé Radovan Karadzic. Son avocat, Me Guénaël Mettraux, estime ses conditions de détention "injustifiées": seule femme dans une cellule de très haute sécurité éclairée 24 heures sur 24, elle est isolée et contrôlée toutes les 15 minutes, "pour risque de suicide". (Belga)

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