Le gouvernement souhaite doter le remplaçant du F-16 d'une capacité nucléaire, dit le PTB

14/01/17 à 09:56 - Mise à jour à 09:56

Source: Belga

Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, a "dévoilé la volonté du gouvernement de doter les remplaçants du F-16 de la capacité nucléaire", a dénoncé vendredi le député Marco Van Hees (PTB) en se fondant sur une réponse à une question parlementaire que lui a fourni le vice-Premier ministre.

Le gouvernement souhaite doter le remplaçant du F-16 d'une capacité nucléaire, dit le PTB

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"Au sein de l'Alliance (atlantique), la Belgique a accepté, il y a cinq décennies déjà, que ses avions de combat possèdent aussi bien une capacité conventionnelle que nucléaire. Tenant compte d'une analyse réalisée en commun de la menace globale, l'Otan nous demande de continuer à maintenir nos avions de combat disponibles pour d'éventuelles missions de cette nature. Nous comptons bien remplir toutes nos obligations dans ce cadre", a indiqué M. Reynders (MR), sans indiquer explicitement si cette obligation sera maintenue après le remplacement des actuels chasseurs-bombardiers F-16 par un nouvel appareil, en principe au cours de la prochaine décennie.

Il répondait à une question écrite de M. Van Hees qui portait sur un vote de la Belgique à l'ONU contre un traité d'interdiction des armes nucléaires.

La Belgique a voté contre la résolution de l'ONU concernant les négociations sur une prétendue interdiction des armes nucléaires "car nous ne croyons pas que cela contribuera à l'élimination effective des armes nucléaires", a indiqué M. Reynders.

Il rappelle que la Belgique, plus généralement, "oeuvre activement au désarmement nucléaire effectif et irréversible", en ayant contribué à "un grand nombre de propositions afin de faire progresser le désarmement nucléaire d'une manière réaliste et pragmatique".

Selon M. Reynders, un monde sans armes nucléaires demeure l'objectif de l'Otan et de ses Etats membres. "Cependant, tant qu'il y aura des armes nucléaires dans le monde, l'Otan se devra de fonder sa politique de dissuasion sur une combinaison de forces conventionnelles et nucléaires", précise-t-il, fidèle à la stratégie confirmée par les chefs d'Etat et de gouvernement alliés lors de leur dernier sommet, en juillet 2016 à Varsovie.

Le ministre rappelle au passage que la Russie n'a pas, contrairement à l'Otan, réduit drastiquement le rôle des armes nucléaires dans sa doctrine militaire. "Ainsi, le discours de la Russie à propos des armes nucléaires s'est au contraire fait plus inquiétant ces dernières années", souligne-t-il.

Mais à propos de la mission nucléaire présumée confié aux F-16 de la base aérienne de Kleine-Brogel (Limbourg), M. Reynders rappelle que la Belgique a accepté, il y a cinq décennies déjà (au débu des années 1960, ndlr), que ses avions de combat possèdent aussi bien une capacité conventionnelle que nucléaire.

"Nous comptons bien remplir toutes nos obligations dans ce cadre, aussi longtemps que la menace le justifiera", a souligné le ministre sans préciser si la mission nucléaire sera poursuivie par l'avion qui succèdera aux F-16 vieillissants. "Je rappelle que l'Alliance a pour politique assumée de ne pas communiquer si, quand et où des moyens nucléaires sont déployés, ici ou là", a ajouté le ministre.

Selon lui, le stockage de tels engins "est d'ailleurs une question totalement indépendante de celle concernant les rôles que le nouvel avion de combat qui remplacera le F-16 devra pouvoir jouer à l'avenir et partant les capacités qui seront nécessaires".

La présence d'armes nucléaires américaines de type B-61 à Kleine-Brogel n'a à ce jour été reconnue publiquement qu'une seule fois, en 1988, par le ministre de la Défense de l'époque, Guy Coëme.

S'exprimant à l'occasion du départ de Florennes des missiles de croisière américains retirés en vertu du traité INF de 1987 après trois ans de présence, M. Coëme avait reconnu le 13 décembre 1988 que des armes nucléaires se trouvaient sur la base limbourgeoise. "A l'exception de Kleine-Brogel, il n'y a pas d'autres types d'armes nucléaires dans notre pays", avait-il affirmé - à la consternation de l'ambassadeur américain, Maynard Glitman.

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