Le gouvernement "bétonne" la sortie du nucléaire

13/11/13 à 17:04 - Mise à jour à 17:04

Source: Le Vif

Le gouvernement confirme et assure la sortie du nucléaire, ont fait remarquer mercredi en Commission de la Chambre le secrétaire d'Etat à l'Energie, Melchior Wathelet, et certaines voix dans la majorité lors de l'examen du projet de loi qui prévoit, entre autres choses, de prolonger l'activité de Tihange 1.

Le gouvernement "bétonne" la sortie du nucléaire

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Le texte met en oeuvre une partie du plan "Wathelet" qui vise à garantir la sécurité de l'approvisionnement électrique du pays. Il modifie la loi de 2003 sur la sortie du nucléaire en redéfinissant le calendrier de celle-ci. Les réacteurs de Doel 1 et 2 seront arrêtés en 2015 tandis que l'activité de Tihange 1 sera prolongée jusqu'en 2025. Cette prolongation impliquera un investissement de 600 millions d'euros d'EDF et GDF-Suez, propriétaires de la centrale. Une convention sera conclue avec l'Etat belge, qu'encadre le projet de loi. Les pouvoirs publics prélèveront une redevance qui doit pour une grande partie soutenir le développement d'autres sources d'énergie.

Les Verts ont dénoncé avec force le projet. Pendant plus de deux heures, après une longue intervention la veille, Kristof Calvo (Ecolo-Groen) a démonté les "mythes" qui entourent, selon lui, la prolongation, qu'il s'agisse de la sécurité de l'approvisionnement ou de l'effet sur les prix. La seule chose tangible dans cette loi, c'est cette prolongation et rien d'autre: "nul, nada, shnoll", a-t-il lancé. L'assurance du jeune député, prise parfois pour de la morgue, a fait sortir M. Wathelet de ses gonds. "Ca devient lassant, fatigant et inacceptable. Vous vivez politiquement et médiatiquement de ce débat et vous avez envie d'en faire un match de boxe". Ou, plus ironique: "Après 6 ans de collège jésuite, je ne parviens pas à être aussi jésuite que vous".

Comme les écologistes, la N-VA n'est pas convaincue du gain que retirera l'Etat de cette prolongation de Tihange 1. Selon le secrétaire d'Etat, le montant sera supérieur aux 90 millions d'euros que rapportent actuellement la centrale. En étant optimiste, on se situera entre 16 et 25 millions d'euros, a rétorqué le député Bert Wollants. Dans la majorité, l'Open Vld et le sp.a ont insisté sur le "bétonnage" de la sortie du nucléaire que signifiait ce projet en supprimant la possibilité contenue dans la loi de 2003 de revoir le calendrier par simple arrêté royal.

"Ce n'est pas un projet sur la prolongation d'une centrale. C'est une projet de loi sur la fermeture définitive des centrales nucléaires en 2025", a souligné Willem-Frederik Schiltz (Open Vld). "C'est un compromis respectable et acceptable parce qu'il bétonne la sortie du nucléaire dans une loi", a dit pour sa part Bruno Tuybens (sp.a). Le MR, par la voix de David Clarinval, a salué l'approche "pragmatique" qu'a privilégiée le gouvernement dans ce dossier tandis qu'aux yeux du CD&V, c'est l'absence de plan accompagnant la sortie du nucléaire en 2003 qui a rendu nécessaire la prolongation de Tihange 1. Joseph George (cdH) a quant à lui dénoncé de "vaines polémiques". Si la majorité soutient le projet de loi, certains députés, dont M. Schiltz, ont néanmoins exprimé leurs préoccupations, notamment sur l'indemnisation des propriétaires de la centrale si celle-ci devait être arrêtée avant terme.

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