Le déficit en oxygène dans le myocarde détecté plus vite grâce à une nouvelle technique

09/11/17 à 12:43 - Mise à jour à 12:44

Source: Belga

(Belga) Des chercheurs de l'Hôpital Jessa à Hasselt et de l'Université d'Hasselt ont découvert une nouvelle méthode non-invasive pour détecter rapidement et de manière précise un déficit en oxygène dans le myocarde chez des patients qui ne présentent pas de maladie cardiaque aiguë. "Ces avancées peuvent contribuer à réduire le nombre de décès dus aux infarctus, qui est bien plus élevé en Belgique que chez nos voisins", explique Olivier Ghekiere, de l'Hôpital Jessa et UHasselt.

La nouvelle technique se base sur un scanner IRM alors que jusqu'à présent, les médecins devaient opérer le patient. Pour traiter un rétrécissement des artères coronaires, ils introduisaient un cathéter dans le corps via l'aine et poussaient la sonde jusque dans les artères. Cette méthode est invasive pour le corps car "si un rétrécissement des artères coronaires produit un manque d'oxygène, il faut ensuite placer un stent", expose le Docteur Ghekiere. "L'IRM ne touche pas à l'artère et évite ainsi que le patient soit plus tard victime d'un infarctus." Plus de 27.000 stents ont été placés en Belgique au cours de l'année 2016 pour traiter ce type de pathologie. "Dans moins de 1.800 cas, le déficit en oxygène a été détecté avec le cathéter. Cela s'explique par le fait que cette technique prend beaucoup de temps, le patient doit être hospitalisé et cela peut être risqué." Un contrôle aussi invasif est d'ailleurs rarement nécessaire, étant donné que seulement un tiers des rétrécissements moins critiques des artères coronaires provoquent un déficit en oxygène dans le myocarde. "Deux rétrécissements sur trois ne demandent donc pas d'exploration et, par conséquent, de poser un stent", complète le médecin. Le Docteur Gherieke a ainsi cherché une alternative et l'a trouvée dans l'imagerie par résonance magnétique. Il a mené ses recherches sur une cinquantaine de patients. "Il n'est pas nécessaire d'hospitaliser le patient pour lui faire passer un scanner IRM, ce qui représente une diminution importante des coûts", ajoute le Dr Paul Dendale, promoteur du Dr Gherieke. "Le contrôle ne dure qu'une demi-heure et n'est pas invasif, ce qui réduit aussi considérablement les risques." Les résultats de la recherche ont été présentés au congrès annuel de l'European Society of Cardiac Radiology (ESCR) à Milan, où elle a été reconnue "meilleure recherche scientifique". La poursuite des recherches sur un groupe de patients plus large permettra de confirmer les résultats. (Belga)

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