Le débat s'enflamme après un plaidoyer de la N-VA pour la suppression de l'indexation

21/04/15 à 17:09 - Mise à jour à 18:09

Source: Belga

La publication d'une tribune dans la presse flamande de mardi, cosignée par le chef de groupe de la N-VA, Hendrik Vuye, rappelant le point de vue du parti natinonaliste flamand en faveur de la suppression de l'indexation automatique en Belgique a enflammé les débats mardi après-midi à la Chambre.

Le débat s'enflamme après un plaidoyer de la N-VA pour la suppression de l'indexation

Hendrik Vuye. © Belga

L'opposition a profité de cette sortie pour attaquer une nouvelle fois la majorité sur sa cohésion, estimant que le citoyen ne comprenait plus rien à son projet socio-économique de plus en plus confus.

Une fois de plus, les partenaires des nationalistes flamands se laissent marcher sur les pieds, du "jamais vu en politique belge", a constaté le chef de groupe Ecolo-Groen, Kristof Calvo.

Tout en ne déniant pas le droit pour la N-VA d'exprimer son point de vue, le président du CD&V, Wouter Beke, a insisté à plusieurs reprises sur le fait que son parti ne serait jamais le "partenaire" d'un parti membre d'un gouvernement qui déciderait la suppression du mécanisme de l'indexation automatique des salaires et des allocations.

Dans la foulée du chef de groupe Servais Verherstraeten, il a rappelé la teneur de l'accord de gouvernement qui prévoit un saut d'index unique durant la législature. La députée Meryame Kitir (sp.a) s'est cependant interrogée sur la crédibilité d'une telle promesse alors que le CD&V assurait avant les élections qu'il n'y aurait pas de saut d'index.

Or, celui-ci interviendra. Hendrik Vuye a confirmé à la tribune que la N-VA s'en tenait à l'accord de gouvernement qui prévoit un saut d'index unique. "Nous le soutenons car nous croyons que c'est le meilleur accord de gouvernement que nous pouvions avoir après les élections de mai 2014". Mais, a-t-il précisé, "la N-VA a également le droit d'exprimer sa position. Il y a des mécanismes bien meilleurs que l'indexation automatique pour compenser l'inflation", a-t-il dit.

Sur le fond, la majorité a une nouvelle fois mis en avant la nécessité d'un saut d'index qui permettra d'apporter de l'oxygène aux employeurs. Le président du CD&V, Wouter Beke, a admis un "impact sur le pouvoir d'achat" mais au profit de la création d'emplois. A cet égard, Hendrik Vuye a appelé les entreprises à un "engagement moral", un geste qui n'a pas convaincu l'opposition.

Mais l'Etat ne peut contraindre les employeurs à engager, a répliqué l'élu N-VA, soulignant que nous ne vivions pas dans un système d'"économie planifiée". Le "tax shift" (virage fiscal) s'est également invité au débat, l'opposition constatant que la majorité était loin d'avoir accordé les violons en la matière.

Le chef de groupe Open Vld, Patrick Dewael, a insisté sur l'effort déjà accompli alors que Vincent Van Quickenborne (Open Vld) a rejeté l'idée d'une taxe sur les plus-values. Hendrik Vuye s'en est pris à la propension socialiste à vouloir taxer tant et plus le capital.

Le CD&V reste attaché au tax shift, Servais Verherstraeten souhaitant y voir une mesure relative au blocage de l'indexation des loyers. Le député David Clarinval (MR) s'est demandé si, dans un souci de "cohérence", l'opposition PS et cdH allait ristourner aux travailleurs, à travers les gouvernements des entités fédérées, le gain que le saut d'index générera pour ces niveaux de pouvoir. "Le MR pousse à la régionalisation de la sécurité sociale et de la détermination des salaires, je le regrette", a répliqué la cheffe de groupe cdH, Catherine Fonck.

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