Le conducteur belge décrypté

12/02/15 à 08:26 - Mise à jour à 08:26

Source: Belga

Le baromètre européen de la conduite responsable vient de sortir. Il décrypte l'attitude des Belges au volant. Pas toujours de quoi se vanter...

Le conducteur belge décrypté

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Plus de huit Belges sur dix disent s'arrêter pour faire une sieste au cours des longs trajets en voiture, ce qui fait d'eux les champions européens de cette pratique bénéfique pour enrayer les risques de somnolence, ressort-il du baromètre européen de la conduite responsable initié par la fondation française VINCI Autoroutes.

Un conducteur belge sur quatre déclare toutefois prendre la route en étant au-dessus de la limite d'alcool autorisée, se fixant un plafond personnel de 2,7 verres en moyenne avant de prendre le volant. Les Belges déclarent s'arrêter après 2h45 de conduite, contre 3h15 pour la moyenne européenne. Une majorité des automobilistes belges est convaincue, à tort, précise la fondation, qu'il est possible de lutter contre l'endormissement au volant en discutant avec un passager (83%), en écoutant la radio (65%), en conduisant la fenêtre ouverte (63%) ou en grignotant (41%). Les paupières qui battent plus rapidement que la normale, des changements de position récurrents, une certaine raideur dans la nuque et des bâillements à répétition sont autant de signes qui prouvent la fatigue du conducteur.

Par ailleurs, la Belgique est le pays où l'habitude d'envoyer et lire des SMS ou des e-mails en conduisant est la plus répandue puisque 37% des conducteurs le font alors que, paradoxalement, 32% des conducteurs jugent l'envoi de messages sur la route comme étant l'un des trois comportements les plus risqués au volant (avec la consommation d'alcool et la prise de stupéfiants). Les embouteillages de plus en plus importants sur les routes du royaume pourraient notamment expliquer le premier chiffre, en hausse de 6 points par rapport à 2012, estime l'Institut belge pour la sécurité routière (IBSR). En ce qui concerne les comportements dangereux, 94% des conducteurs belges admettent qu'il leur arrive de dépasser de quelques kilomètres/heure la limitation de vitesse tandis que près de six automobilistes sur dix reconnaissent circuler sur la voie du milieu de l'autoroute alors que la voie de droite est libre. En outre, 18% conduisent sans boucler leur ceinture.

Sept automobilistes belges oublient aussi de ralentir à proximité d'une zone de travaux, contre 55% pour la moyenne européenne. En 2013, 140 accidents se sont d'ailleurs produits dans des zones de chantiers, un chiffre en hausse par rapport à 2012, a souhaité souligner le porte-parole de l'IBSR.

Le fait d'oublier de mettre son clignotant pour doubler ou changer de direction est également fréquent en Belgique (62%). Le plus étonnant réside dans l'augmentation de cette perception par rapport à 2012, puisque le pourcentage de conducteurs déclarant commettre ce genre de comportement dangereux a augmenté de 20 points en un an. Les attitudes inciviques sont par ailleurs monnaie courante puisque 53% des conducteurs disent injurier parfois les autres conducteurs, 25% collent délibérément les automobilistes qui les énervent et près d'un Belge sur dix (9%) descend de son véhicule pour s'expliquer avec un autre conducteur. Les Belges s'accordent pourtant une note de 7,8/10 en termes de "bonne conduite" et s'estiment courtois pour 48% d'entre eux, contre 26% pour la moyenne européenne. A contrario, ils qualifient les autres conducteurs de "stressés" (37%), "irresponsables" (33%), "agressifs" (29%) et "dangereux" (24%). A l'unanimité, les Européens estiment que les conducteurs modèles sont les Suédois et les moins responsables, les Italiens. Enfin, il est à noter que les hommes s'estiment bon conducteur à hauteur de 7,9/10, soit une note plus haute que celle des femmes qui s'accordent un 7,6/10. Plus de 10.000 Européens, de dix pays différents (Allemagne, Belgique, France, Grande-Bretagne, Italie, Espagne, Suède, Grèce, Pologne et Pays-Bas), dont 1.007 Belges (répartis entre francophones et flamands), ont été interrogés pour ce baromètre réalisé à l'échelle européenne depuis deux ans.

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