Le CNCD appelle la Belgique à arrêter son soutien financier aux garde-côtes libyens

23/11/17 à 16:04 - Mise à jour à 16:05

Source: Belga

(Belga) La Belgique doit arrêter de condamner le traitement inhumain des migrants en Libye sans "agir de manière cohérente en cessant de contribuer au financement des politiques européennes qui visent à repousser les migrants vers la Libye", exhorte jeudi la coupole des ONG belges, le CNCD-11.11.11.

Les images de migrants africains vendus aux enchères en tant qu'esclaves en Libye ont indigné la communauté internationale, forcée d'ouvrir les yeux à la suite d'un reportage de CNN. L'Onu a exigé l'ouverture d'une enquête assortie de sanctions pénales, le président du Niger a appelé la Cour pénale internationale à se saisir du dossier et le Tchad a, lui, évoqué une intervention militaire. En Belgique, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders "a rappelé la nécessité de trouver une solution politique inclusive en Libye et le rôle actif de la Belgique, via son apport au fonds européen d'urgence pour l'Afrique, dans la lutte contre le traitement inhumain des migrants en Libye", rapporte le CNCD. Pour la coupole des ONG, cette condamnation "manque de cohérence" par rapport aux politiques européennes menées, avec le soutien financier de la Belgique, en Libye. Le CNCD-11.11.11 estime qu'en externalisant la gestion des migrations, l'UE est en partie responsable des violations des droits de l'Homme en Libye. Pour rappel, l'Europe soutient à hauteur de 46 millions d'euros, via le fonds européen d'urgence pour l'Afrique, la formation, le soutien logistique et matériel octroyé aux garde-côtes libyens. "Or, ces garde-côtes ont pour mission d'intercepter les migrants au large de la Libye et de les renvoyer dans les centres de détention où leurs droits sont systématiquement bafoués." Pour 80%, le fonds fonctionne sur les budgets européens de la coopération au développement. Mais en Libye et au Niger, "ce fonds est de moins en moins utilisé pour 'renforcer la résilience et la protection de populations vulnérables en Libye' mais plutôt pour lutter contre les migrations", dénonce le CNCD. Sur les 10 millions versés par la Belgique au fonds d'urgence pour l'Afrique, 4 millions sont destinés au soutien des politiques menées par ce fonds en Afrique du Nord, et donc au soutien des garde-côtes libyens. Pour le CNCD-11.11.11, il s'agit là "d'une instrumentalisation de l'aide publique au développement pour restreindre les migrations". La coupole demande l'arrêt immédiat du soutien aux garde-côtes et rappelle que, selon elle, "la seule alternative crédible consiste à développer des voies d'accès sûres et légales vers le territoire européen". (Belga)

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